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Accidents extraordinaires arrivés en l'année
1709
Glace extraordinaire
Le 7 Janvier 1709 il commença à glacer, la glace
continua et augmenta pendant quinze jours et jusqu'au 21 du-dit
mois; Aussi une si grande quantité de neige qui depuis
le neuf du-dit mois, il continua à neiger jusqu'au
15 inclusivement, la neige était si générale
et si épaisse que les perdrix se laissaient prendre
à la main et on en prenait tant et à la vérité
si maigres qu'on... pour six liards ou deux sols la pièce,
de manière qu'elles périrent quasi toutes, et
il fut défendu de tuer des rouges de deux ou trois
ans. On prenait aussi quantité d'autre gibier, il mourut
quasi la moitié des pigeons ne trouvant pas d'eau pour
boire, il y eut des pigeonniers ou de quatre vingt ou cent
paires il n'en resta que trois ou quatre paires. Cette grande
quantité de neige fut suivie d'un froid si extraordinaire
qu'il augmenta pendant quinze jours d'une telle manière
que tout se gelait dans les maisons, jusqu'au pain. Quelques
précautions que l'on pris, le vin se gelait dans les
barriques jusqu'à faire sauter les fonds des dites
barriques quand il ne sortait pas par le trou des ... On ne
pouvait laver un verre que l'eau ne se glaça autour,
et celle qui tombait à terre se glaçait aussi
quoique auprès du feu, certains mettaient le pain entre
deux coites mais il ne laissait pas de se glacer. Un jour
il tomba un certain brouillard même dans les maisons
que toutes les murailles et parois luisaient comme de la glace.
Le froid ne glaçait pas seulement les choses liquides,
il s'en prit encore aux arbres.
On vit quantité de chesnes qui se fendaient et crevassaient
par le milieu de manière qu'il en resta bien peu qui
ne moururent pas. Tous les noyers, amandiers, figuiers, la
plupart des cerisiers moururent, les pruniers aussi et les
pommiers et quoique quelques-uns de ces arbres ayant vécu
et pousse des feuilles pendant quelques années cela
n'a été pour la plupart que de l'écorce
car le pied des arbres âgés ... le bois du corps
de l'arbre était comme ... et carié, comme on
l'a remarqué très souvent sept ou huit ans après
les dits froids, lorsqu'il à fait des vents impétueux
qui renversaient ou tout ou en partie des dits arbres et les
noyers et autres arbres qui ne furent pas coupés debout
après le froid, n'ont pu servir à aucun ouvrage
mois seulement à mettre au feu. Je ne dois oublier
les vignes qui moururent quasi toutes à la réserve
de celles qui étaient basses et couvertes de neige
car il fallut les couper ras terre et elles repoussèrent
ensuite. Aussi n'y eut-il pas guerre de vin pendant cinq à
six ans. Quelques jours s'adoucit un peu et la neige se fondit
ou le soleil donnait et les blés furent un peu découverts,
mais ensuite il se leva un vent de (bile ?) qui les fit mourir
jusqu'à la racine et un fut obligé à
plusieurs endroits de ressemer l'orge ou palmoule ou millet
ou il y avait du blé. Nota que l'orge et le palmoule
réussirent si bien que en plusieurs endroits d'une
raie il y en eut neuf ou dix sacs.
Le 22 du dit mois la glace de la rivière qui était
de l'épaisseur de deux ou trois pans commença
à fondre, le 23 ... de mercredi vers les 9 heure du
soir la glace se rompit et commença à descendre
avec tant d'impétuosité et de bruit qu'il semblait
que la terre trembla et qu'il y eut des grands tonnerres,
la glace écrasa et abîma le moulin du pont, lieu
de Villebrumier, personne ne périt pourtant pas au
dit moulin, ni par la glace. La ferme tic Cadixmi de Villebrumier,
... de ..., à doute cent trente lieues, et même
les fermiers y ... considérablement, le blé
fut fort cher pendant deux ans, il valut jusqu'à vingt
et vingt-deux livres le sac. Il y eut très grande misère
et pauvreté.
Perte de lait.
Dans le mois de juillet et août quasi toutes les nourrices
perdirent le lait et il mourut beaucoup de petits enfants
comme par famine.
Gangrène et mal de pieds.
Outre la dite perte de lait il y eut pendant trois ou quatre
mois à savoir depuis le mois de juillet, jusque vers
l'automne, ils ont dis-je à plusieurs endroits ou certain
mal de pieds et jambes qui outre la douleur très aiguë
et très grande puanteur pourrissait tellement la chair
que les pieds et les jambes et même les bras, que si
on ne faisait l'amputation des pieds, le mal suivait tellement
que les os des jambes et des bras tombaient d'eux-mêmes,
et il se traîna plusieurs personnes qui se trouvèrent
sans bras ni jambes. Du commencement on ne trouvait d'autre
remède que des couper que de couper les pieds et les
jambes. Dans les suites on trouva quelques remèdes
qui étant fait à ... arrêtait le mai.
Il y avait entre autre le curé de Falguières,
qui avait un souverain remède aussi il v avait une
grande foule de gens de toute part. Dans le commencement de
cette maladie plusieurs personnes en moururent, il y en eut
d'autres que j'ai vu sans aucune jambe leur ayant été
coupées au genou ou étant tombées d'elles
mêmes. Je vis plusieurs fois à Villemur une femme
qui demandait l'aumône, ayant ses deux bras morts et
secs et tout noirs, elle les garda plus d'un mois comme cela,
et ensuite elle se les fit ôter ou ils tombèrent
d'eux-mêmes et elle vécu plusieurs années
n'ayant aucun bras. La chose est certaine et véritable
ce mal ne vint pas dans Villebrumier mais il y en eut à
Villemur et beaucoup à Villematié et la Magdeleine
beaucoup aussi atour de Montauban et surtout à Négrepelisse
et Monricou.
La même année et le 27 septembre il y eut une
très grande inondation sur le Tarn et Garonne, l'eau
emporta les deux moulins de Villemur qui restèrent
trois ou quatre ans à être remis en état
à cause que la glace avait emporté une trentaine
de ... de la chaussée, et la dite inondation avait
emporté le couvert des dits moulins. La rivière
semblait une forêt à cause de la grande quantité
d'arbres que l'eau avait arraché et qu'elle amenait.
Cette inondation fit périr beaucoup de personnes du
coté de Gaillac ou au environs.
Liens
:
climat au
18ème siècle.
terrible
hiver 1709.
1709
en Auxois.
début
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