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Les
danses traditionnelles sont des danses que l'on a pu appeler
aussi folkloriques.
Simultanément régionales, populaires et anciennes
( gavottes bretonnes, bourrées du centre, rondeaux
gascons, branles béarnais, sauts basques, rigodons
dauphinois, etc ), toutes ces danses se présentent
sous l'aspect de la diversité géographique.
Derrière cette géographie des danses traditionnelles
se cachent des histoires distinctes. L'ensemble de ces histoite
compose l'histoire de l'ancienne civilisation paysanne, dont
les historiens situent le chant du cygne entre 1850 et 1900,
et dont la première guerre mondiale signale la disparition
un peu partout en France.
Ce qui, par la suite, survit de cette ancienne
civilisation n'est plus que le souvenir d'une culture traditionnelle
dans une société post-traditionnelle.
En ce qui concerne la danse, se sont d'abord les groupes folkloriques
qui proposent à la curiosité du public, l'image
qu'ils s'en font. Cette démarche relativiste, la première
de notre histoire, transpose la danse traditionnelle de la
vie à la scène, à travers des représentations
costumées.
Parallèlement à l'action de
ces groupes céniques, un revivalisme non spectaculaire
fait ses premiers pas dans les années 30. Ces pas préfigurent
une démarche qui conduira au bal traditionnel d'aujourd'hui.
Il accueille des danses élaborées
par l'ancienne tradition populaire française : bourrées,
rondeaux, rondes chantées de bretagne ou d'ailleurs,
branles béarnais, maraîchine vendéenne,
etc,... mais aussi des danses populaires non traditionnelles
( valse, polka, scottish, mazurka ), des danses anciennes
( branles de la Renaissance ) et des répertoires étrangers
( countrydances anglaises, mixer anglais ou américains,
set dances irlandaises,
polka suédoise ).
Pour désigner ce bal, l'adjectif traditionnel
ou "trad" a supplanté le terme "folk"
en vogue dans les années 70. Mais il aussi fait usage
des termes spécifiques aux langues régionales
tels que "fest-noz" ( Bretagne ), baleti
( Provence ), ou d'adjectifs désignant des régions
précises ( bals auvergnats, gascons, poitevins, etc...).
Faire
de la danse traditionnelle n'est pas plus passéiste
ou nostalgique que participer à la transat ou à
une randonnée équestre.
Qui plus est, ces danses d'autrefois continuent
d'alimenter une pratique communautaire originale et irremplaçable.
Les rondes chantées par les danseurs, les chaînes
accompagnées aux instruments, les trajets et rencontres
des danses à figures, le côte à côte
du couple ouvert et le vis-à-vis du couple fermé
sont autant de façons d'éprouver différemment
la relation à autrui. Et cela, la danse traditionnelle
est seule à l'offrir dans cette diversité. Elle
n'est pas meilleure ou pire que le jazz, le hip-hop oule ballet.
Mais elle apporte autre chose.
La danse traditionnelle fait naître
entre les danseurs un climat particulier, un certain bonheur
collectif et contagieux, qui fleurit difficilement autour
d'autres répertoires.
Texte de Yves Guilcher, danseur, musicien, ethnohistorien
et formateur en danse, extrait de "la danse traditionnelle
en France" FAMDT, Partenay, 1998 et "Histoires de
bal", cité de la musique, Paris, 1998.
Contacts
:
Marsac Philippe : mail
Photos
de la journée Campestrale, musiques et
danses occitanes du 5 juin 2005.

photos
de groupes de danses traditionnelles pendant
la fête de la Saint-Noé 2001
Texte
de Marie Noëlle Balseca
Février 2004, les amateurs de danses
traditionnelles ont pu entendre résonner flûtes,
sifflets, cornemuses, tambourins à cordes et
tambour à friction. C'est que le groupe Ad'arron
n'était pas bien loin...
En effet, la Camba Torta a accueilli
ces interprètes exclusifs de la musique traditionnelle
gasconne dans le cadre de son stage de danses occitanes
organisé chaque année. Les stagiaires
sont venus de loin pour danser des branles et des
sauts béarnais ou des rondeaux landais.
Jordi Déjean s'est fait le
meneur de la troupe et a enseigné avec joie
la rythmique et les vibrations de cette musique à
danser originaire de la vallée d'Ossau. Jordi,
qui donne des cours hebdomadaires au Conservatoire
Régional Occitan de Toulouse, confirme qu'il
est difficile, dans le contexte actuel, de se réapproprier
les mouvements et les méthodes des danses régionales
puisque les seules restitutions de ces danses sont
transmises par des personnes âgées dont
le savoir même a été modifié
au cours du temps.
Et pourtant, la manière et
la cadence ressurgissent rapidement du fond des corps
comme un rythme qui n'aurait jamais été
tout à fait oublié.
Ad'arron ("autour" ou "en
rond" en occitan ) était donc là
ce week-end pour faire réssuciter les sonorités
entraînantes et gaies de la musique des troubadours
du 12ème siècle.
En 1999, Jacques Baudoin crée
avec ses trois fils David, Mathieu et Thomas, et avec
Jean-Claude Arrosères, un groupe de musiciens
très attachés à leur culture
régionale. C'est donc un groupe soudé,
famillial, jeune et dynamique qui a animé le
bal du samedi soir. Une centaine de danseurs s'est
laissée entraîner dans l'échappée
sauvage des vents de clari et de samponha, cette grande
cornemuse polyphonique de Béarn et des Pyrénées.
Thomas Baudoin, titulaire d'un DEUG
d'occitan et assistant d'édition à l'unité
d'animation occitane de la CDDP, rappelle combien
il est fondamental de préserver les riches
héritages musicaux de sa région. "
Nous n'ajoutons pas d'arrangements sonores modernes
à notre recherche musicale. Nous avons opté
pour une exploration des instruments gascons sous
tous leurs aspects, rythmiques et mélodiques.
Nous voulons les valoriser par eux-mêmes en
leur rendant toute leur profondeur et leur résonnance
".
Le groupe palois a fait vibrer les
instruments anciens, accompagnés parfois du
violon et de l'accordéon diatonique. Les percussions
sont fabriquées par les musiciens eux-mêmes
comme les tricanetas ( claquettes de buis ou d'os
) ou le claca pedolh ( paire de bambous fendus ).
D'autres proviennent d'un luthier de Pau spécialisé
dans l'élaboration des instruments des troubadours.
Les musiciens sont repartis dimanche
en fin d'après-midi, en laissant flotter derrières
eux comme un petit air de fête et de flûte
pastorale, et non sans avoir conseillé à
tous les amateurs de danses traditionnelles le Festival
International de Saint-Chartier
( Indre ) où l'on retrouve les échos
vibrants des musiques du terroir, rustiques, joyeuses,
vivantes et vitales. |
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