| Des
réfugiés belges découvrent Auvillar en
juillet 1940.
Ils
sont six, le père, Paul COLLET, trois filles et deux
garçons, âgés de 18 à 12 ans.
Hébergés à Donzac depuis mi-juillet
40, ils sont venus de Belgique à bicyclette, fuyant
les armées allemandes. A Donzac, où ils retrouvent
plusieurs membres de leur famille, ils sont accueillis par
la famille Jeudi, qui met à leur disposition une
petite maison en plein bourg. Le père, avocat à
Nivelles, ville située au sud de Bruxelles, est également,
à ses heures, artiste peintre – dessinateur.
Il a décidé de quitter la Belgique dès
l’annonce de l’invasion de son pays par les
hordes hitlériennes. Francophile dans l’âme,
il est Chevalier de la Légion d’Honneur, il
veut soustraire ses enfants à la barbarie nazie.
Dès le 10 mai, ils partent donc vers le Sud pour
tout d’abord s’arrêter en Anjou qu’ils
quitteront pour traverser la Loire, jugée à
l’époque infranchissable. Ils séjourneront
quelques temps dans le Médoc où finalement
ils seront rejoints par les Allemands. Pour les fuir à
nouveau, ils passent la ligne de démarcation à
Langon pour gagner la zone dite libre. C’est durant
cette période de mi-juillet à mi-septembre,
date de leur retour en Belgique , que la famille Collet
connaîtra des instants de réel bonheur, celui
pour le père de pouvoir s’adonner à
sa passion : « croquer », sous un ciel chaleureux,
dans des carnets à dessin, des dizaines de paysages
sentant bon la vigne et les vergers, peuplés de sites
merveilleux parsemant la vallée de la Garonne, bonheur
pour ses enfants de l’accompagner dans ses pérégrinations
à la recherche de coins insolites, comme ceux découverts
dans ce joli bourg d’Auvillar et que, j’ai le
privilège en 2010, seul rescapé de la fratrie,
de retrouver, grâce à deux de mes neveux qui
m’y ont amené. En parcourant le bourg, en revisitant
la cité médiévale, en comparant les
photos prises actuellement avec les croquis, de juillet
40, de Paul Collet , j’ai l’impression de rajeunir
de 70 ans.
C’est avec émotion que j’accepte, au
nom des miens, la proposition qui nous est faites de préserver,
ici, ces traces graphiques du passage d’une famille
de réfugiés belges qui au cours de son périple
vélocipédique à travers cette belle
France, a été accueillie si chaleureusement
par de nombreux français dont certains sont sortis
de l’anonymat pour devenir de vrais amis, voire des
parents. Personnellement, j’ai épousé
en 1952, la douce angevine que j’avais connue, enfant,
en 1940…
Fait
en ce 18 juin 2010, date anniversaire de l’Appel du
Général de Gaulle.
Martial Collet
9, avenue de la Blancheraie
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Paul
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Agen,
Auvillar, St-Antoine, St-Cirice, Caudecoste, Donzac, Dunes,
Clermont-Dessous, Moissac, Castelmayron, Bon-Encontre, Flamarens,
Goudourville, Grézas, Pommevic, Sistel, St-Loup,
St-Maurin, St-Sixte.
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