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Historique

réalisation : Pascal Pora – Saint-Noé 2005

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Plus ancienne photo connue de la Saint-Noé, en 1895

Le félibrige est une école littéraire constituée en Provence au milieu du 19ème siècle. Elle préconise le maintien et l’épuration de la langue provençale et autres dialectes occitans. Le mouvement est lancé en 1851 à Marseille. En 1854, sept poètes provencaux dont Mistral prennent le nom de  » félibre  » et créent ainsi cette nouvelle école. Elle s’étend rapidement aux autres provinces de langue d’Oc, puis se divise en 1876 en 4 branches : la Provence, le Languedoc, l’Aquitaine et la Catalogne. L’un des premiers félibres auvillarais fut sans doute le général Ferdinand de Bressolles ( 1793-1874 ). En 1913, Auvillar lui rend hommage et les grandes fêtes félibréennes de la Saint-Noé sont organisées. Des personnes désirent pratiquer et diffuser la langue occitane. Elles s’organisent en groupes appelés  » Cloucado  » et à Auvillar, le nom de  » Cloucado ou Escolo Marcabrun « . En faisait partie Joseph Cavaillez ( 1824 – 1893 ), très connu pour ses vers sur la Saint-Noé, qui étaient inspirés par la fête des vignerons. Les poètes locaux se réunissent souvent et animaient les fêtes félibréennes, comme la Saint-Noé. sources : Auvillar, histoire et patrimoine d’Andrée Capgras.

Une des grandes forces du Félibrige – après notre sublime langue d’Oc, bien entendu – réside dans les traditions populaires que le folklore nous a, grâce à Dieu, conservées. C’est à elles que Mistral en appelait quand, à Font-Ségugne, il fondait l’institution félibréenne qui devait, bientôt, présider à notre renaissance occitanienne. Les Auvillarais, cependant, n’avaient pas attendu Mistral pour travailler, à leur manière, à la conservation d’un passé riche de pittoresque et de personnalité méridionale. Vignerons – ils l’étaient tous à Auvillar avant le phylloxéra – ils fêtaient tous les ans le plus illustre d’entre eux, leur patron, Noé, dans un cortège populaire directement issu des mystères du Moyen Age. Nous n’avons pas ici la place nécessaire à une argumentation historique. Aussi bien, nous paraît-il inutile de l’entreprendre : le meilleur argument n’est-il pas la description, mieux que la description, la vue de notre fête ? Elles suffiront amplement à en démontrer l’ancienneté, illustrant fort bien ce fait que, de mémoire d’Auvillarais, on ne connaît la date de son origine.Donc, on fête Noé, Saint-Noé – canonisation à la saveur bien médiévale, n’est-ce pas ? – le dimanche de la Trinité. Pourquoi cette date ? N’en cherchons pas trop loin l’explication adéquate : n’est-ce pas l’époque, en effet, où délivré du souci des gelées printanières, le vigneron voit s’épanouir sur la souche, les espoirs des vendanges futures ? Espoirs non dépourvus de risques, où toute la protection du vieux patriarche, du premier « fochaire » ne sera pas de trop pour écarter les grêles futures.Y pense-t-on bien à ces grêles futures au cours de la fête ? Il n’y paraît guère. La note dominante est cette liesse débordante – si peu actuelle, hélas ! – qui nous transporte d’un coup à des siècles en arrière ; en des temps où l’on savait s’amuser gaiement, sainement, vraiment. La fête commence le samedi soir par la plantation du mai. Puis, après le souper – on parle encore chez nous comme autrefois, – à la nuit, se déroule la curieuse, la pittoresque, l’originale procession aux « arbudets ». Elle en étonna plus d’un et de premier plan dans le régionalisme : le contraire nous aurait surpris. Pour vous, amis lecteurs, accoutumés aux retraites aux flambeaux avec les lanternes vénitiennes rituelles, imaginez, au bout d’une hampe, le gros entonnoir de la barrique, l’ « arbudet », préservant des souffles nocturnes, la flamme vacillante. Répétez cela des centaines de fois – autant que de participants au cortège – et vous risquerez d’avoir une idée un peu représentative de l’effet produit. Ainsi éclairé, le cortège se rend à l’emplacement de la chapelle de Marchet où l’on chante complies et puis, c’est la farandole, bruyante et fantasque qui déroule ses orbes capricieuses dans la cité endormie. Ceci pour la Vigile…Après de telles prémices, que sera alors le cortège lui-même ? De la même veine, à coup sûr…

Texte de P d’Aoubila :
Passons sur la matinée et arrivons après le dîner. Dès après-midi, fifres et tambours battent le rappel des « fochaires » et vite, ceux-ci se rendent au lieu du rassemblement. En bras de chemise, le pantalon retroussé, pieds-nus dans les sabots fourrés de paille, coiffés du grand chapeau d’été enrubanné de pampre feuillu, ils portent tous sur l’épaule le « beccat », la houe, qui, tout à l’heure, leur servira à planter la vigne et de leur besace, où se cache l’écuelle de terre rouge – d’Auvillar, elle aussi, – dépasse, symbolique, un bouquet d’aulx ou d’oignons nouveaux : leurs provisions.Vite, le cortège se forme. Fifres et tambours en tête, viennent ensuite les deux enseignes et le guidon : vieilles oriflammes pieusement conservées. Puis, sur deux rangs, les vignerons escortent d’abord Bacchus : un enfant costumé, juché sur le baril plein de vin que portent quatre forts, puis la souche, la « vits » que les quatre plus anciens vignerons soutiennent religieusement.Ainsi ordonné, le cortège gagne la porte de Lectoure, puis, par la rue de la Sauvetat, la rue de l’Horloge, la Halle, la vieille rue du Château, ils gagnent la place du même nom pour y planter le cep symbolique. Ils ne s’y rendent pas en silence, ni en rangs sagement ordonnés : ce serait trop contraire à l’esprit d’une bacchanale. Fifres et tambours jouent sans arrêt le rythme ancestral, tandis que les sabots ferrés scandent, en mesure. Aux carrefours, la pause. En rond autour des insignes de la fête, rappelant les arrêts nécessaires au cours des rudes labeurs, les vignerons s’accroupissent sur le « beccat », boivent un coup, vident le « turre », puis, revigorés, dansent un rigaudon. Et puis, c’est au Château, la grande cérémonie : la plantation de la souche. Chacun s’y affaire, empressé. Entre-temps, les jeunes filles de la cité – costumées comme leurs aïeules – portent le fameux « tourin » aux œufs dont chaque « fochaire » remplira généreusement son écuelle. Ensuite, le « chabrot » – on vide le baril pour le faire – lavera – si l’on peut dire – les reliefs du tourin restés dans l’écuelle. Puis, celle-ci reprend sa place au fond du havresac. Le tout, bien entendu, assaisonné de cette franche gaieté populaire, un peu Gauloise, mais si française et si méridionale surtout. Et le cortège, mêlant à nouveau la Religion aux souvenirs païens – qui datent avec tant de certitude, notre Saint-Noé – reviendra à Marchet clôturer par des complies, ferventes à leur manière, une journée si bien remplie.Telle se présente, dans ses grandes lignes – puisse la place limitée excuser leur sécheresse – la coutume auvillaraise de la Saint-Noé. Telle est la pierre, modeste certes, mais non sans valeur, que nous apportons à la construction, à la reconstruction, devrions-nous dire, de notre édifice méridional et régionaliste. D’aucuns riront peut-être de ces usages désuets. S’ils le font, c’est qu’il n’auront pas compris l’âme qui vit sous toutes ces vieilles choses du passé, si vieilles qu’elles ressemblent à ces aïeules aux cheveux poudrés à blanc, à la voix chevrotante et menue qui nous parle de choses que nous ne comprenons plus : leur vie pourtant. Qu’ils rient, s’ils le veulent et qu’ils passent, ils ne sont pas dignes de communier au patrimoine de leur race, ils renient tous leurs atavismes. Vous ne serez pas de ceux-là, vous qui nous lirez et vous viendrez voir notre Saint-Noé d’Auvillar : si notre prose ne vous a pas convaincus, vos yeux émerveillés compenseront amplement ce que notre pauvre plume n’a pu faire.
P. D’AOUBILA .

Notes de Mr Lagravère sur la Saint-Noé des 6 et 7 juin 1936 : La fête de la saint-Noé s’est déroulée sous les plus brillants hospices, le samedi soir 6 juin plantation du mai avec le fifre et le tambour comme musiciens. A 21h00, procession à Marchet avec les arbudets allumés. Discours de M le Doyen Mr Chambert prêtre de la ville, et à 22h00 retraite par la Lyre auvillaraise, illumination de l’horloge. 7 juin, distribution de bouquets au son du fifre et du tambour, Mrs Pérès et Verdier, à 11h00, grand messe à l’église Saint-Pierre. Réception des invités. A 13h50, réunion à Pintois des Fouchayres ( faucheurs ) qui partent de Pintois vers la Place du château pour la plantation de la vigne, farandole à chaque carrefour. A 14h00, on va chercher le tourin fait par Mme Hélène Dumoulin; après le tourin et l’éternel chabrot, Mr le doyen vient chercher le cortège ou le prévenir de le prendre à l’église en passant par la rue Saint-Pierre. Discours en patois par deux types qui arrivent du paradis, Trompet et Turulure, par Mr Carrié andré et Sieurac Georges, tout cela avant le départ pour Marchet, après, les complies à Marchet, retour place du Château. La lyre ouvre le concert par un morceau de circonstance  » les échos du midi de Kesler « , puis les félibres de Laguépie, qui ne le cachons pas sont très bien et très débrouillards.

Notes de Mrs Verdié et Cayrou :
7 juin 1936, au piano : Mr Doumerc, Laguépie et autres… Belle journée, en moyenne 2000 personnes, le soir fête à Pintois, avec bal champêtre par le Jazz Plantade et la Lyre Auvillaraise, embrasement de la tour de l’Horloge à 22h00. Fin de la fête à 2h00 du matin.

Voici une partition ancienne de trois airs de la saint-Noé,
attribués au fifre Duffaud, dit Lapilerre :

airs de la saint-Noé

airs de la saint-Noé

1er air : cortège

2ème air : pas cadensé

3ème air : pour le tourrin

Ces airs ont été joués par Guillaume Gourmaud


La farandole

Lo Tour Es Plein

Le trépignadisse, le trépignadisse !

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