|

L'histoire
d'Auvillar est ancienne, et la cité était déjà
importante au 11 ème siècle. Elle était
en effet le chef-lieu d'une vicomté distincte de celle
de Lomagne. Son nom apparait dans les documentations à
cette époque : Altivillaris ( Autvilar en occitan ancien
), puis Castrum altivilaris.
La découverte de pièces romaine
et de statuettes laisse penser que le site était habité
à l'époque romaine.
Il est probable que le
Port fut habité avant la construction de la ville
haute. La chapelle du Port date de l'époque carolingienne.
Après avoir été démolie, elle
fut reconstruite au 14 ème siècle sous les ordres
du pape Clément 5.
Haultvillar apparait à la fin du 14ème
siècle. Le nom d'Altavilla apparait au 15ème
siècle, et il est dû à Aimeric de Peyrac.
Le vicomté d'Altavilaris, qui appartient
à un fils du roi de France, Philippe le Bel, en1304,
est donné à la famille Bertrand
de Goth, futur pape. Celui-ci fait plusieurs séjour
à Auvillar et demande la reconstruction de l'ancienne
église.
Le château d'Auvillar a été
détruit en 1572.
L'évolution de la population est suivie
depuis le 19ème siècle. En, 1810, Auvillar comptait
2192 habitants. Le maximum a été atteint en
1831 avec 2302 personnes.
Voir
le manuel du Vieil Auvillar de 1932 ( ADSL : 2,3MO )
voir
l'histoire d'Auvillar selon Lagrèze-Fosset
voir
les us et coutumes d'Auvillar
L'histoire du Tarn et Garonne et du Quercy
sources
: le Lot et les lotois à travers les siècles
aux éditions du Bastion
On
peut penser que Quercy vient du latin "quercus",
qui veut dire tapis velouté et moutonnant, comme le
tapis de chênes du Lot. En fait, le mot Quercy est dérivé
du nom du peuple gaulois des Cadurci.
Ils s'appelaient ainsi car ils combattirent vaillamment les
romains, avec les Arvennes. Plus tard, après la défaite
des gaulois, la capitale des gaulois Divona ( Cahors ) fut
appelée "Cadurcum", et des adjectifs furent
créés en partant du nom du chef-lieu pour désigner
le pays, la ville, le diocèse, etc ... comme Pagus
Caturcinus, caturcencis, cadurcus, etc. De ces diverses formes
vont dériver Cahors et Quercy. La lettre "t"
ou "d" tomba et ensuite le "U" latin fut
remplacé par "O" ( prononcer "OU"
), ce qui donna : Caorzt, Caors, Cahours, Cahors. Pour le
nom de paus : Caorcin, Caersin, Caersi, Quercy. Les lotois
sont donc d'origine celtique.
Le Lot et le Tarn et Garonne ont été
formés de la province qui portait, avant 1789, le nom
de Quercy. Au 5ème siècle, le Quercy fut ravagé
par les vandales, les alains, les suèves et enfin les
wisigoths, qui s'y établir, avant d'être chassés
par Clovis. Il y eut ensuite les ravages des normands, qui
remontèrent la Dordogne jusqu'à Souillac. Le
Quercy passa tour à tour aux mains des anglais , puis
des français après de longues guerres. Les guerres
de religions mirent en évidence une rivalité
entre le haut Quercy et le bas Quercy. Le haut Quercy, avec
Cahors, restait fidèle au catholicisme, tandis que
le bas Quercy, plus méridional, se déclara pour
les calvinistes, avec Montauban comme place forte. En 1808,
comme Napoléon 1er revenait de Bayonne où il
avait disposé de la couronne d'Espagne, les montalbanais
profitèrent de son passage pour lui exposer le problème
et de demander le rang de chef-lieu de département.
Il leur accorda en détachant le bas-Quercy pour en
former le département du Tarn et Garonne, et resserra
celui du Lot dans les limites du haut Quercy
Site
sur l'histoire du Tarn et Garonne
Auvillar
en 1862 :
Habitants : 2200
| Conseiller
général : |
Général
de Bressoles |
| Conseiller
d'arrodissement : |
Faget |
Commission
de surveillance
( Mairie ) : |
Gay,
De Thèse, D'Aiguillon-Sarramiat, Lamarque, Curé. |
| Commissaire
de police : |
Bouyssou |
| Juge
de paix : |
Gay |
| Gréffier
: |
Coudol |
| Huissier
: |
Lapeyronnie |
| Notaires
: |
Théau,
Mourgues, Nazaries |
| Percepteur
: |
Robinet |
| Receveur
CD : |
Rosseloty |
| Receveur
PTT : |
Taillard |
| Prêtres
: |
Lamarque,
Moulinou |
| Médecins
: |
Fauret,
Teuillères |
| Pharmaciens
: |
Ducom
E, Fieuzal H |
| Vétérinaire
: |
Durand
Joseph et Paul |
| Instituteur
: |
Cambas |
| Ecole
libre ( filles ) : |
Tenue
par les Ursulines |
Artisans
et commerçants |
| Epiciers
: |
Castex
H, Pouzol S, Verdier E |
| Grainetiers
: |
Broussignac
J, Esparbes G |
| Fabriques
de faïences : |
Carra,
Castex, Charme, Saint-Martin, Téchiné L,
Verdier-Laroche M, Verdier |
| Bois
de construction : |
Broussignac
Aîné, Champes |
Marchés
et foires |
| Marché
: |
Le
mercredi |
| Foires
: |
1er
mercredi de janvier et de juillet.
2ème mercredi de mai et de septembre |
| Grande
foire : |
3
février - St-Blaise, jour des cendres. |
voir
cartes avant et après création du Tarn et Garonne.
détachements
des communes
Nombres
d'habitants depuis 1806 :
1806
|
2
169 |
1936
|
832 |
1820
|
2
508 |
1946 |
824 |
1862 |
2
200 |
1954
|
884 |
| 1876
|
1
706 |
1962
|
806 |
1881
|
1
642 |
1968
|
837 |
| 1886
|
1
455 |
1975
|
873 |
1891
|
1
319 |
1982
|
807 |
| 1896
|
1
220 |
1990
|
921 |
| 1901
|
1
142 |
1999
|
876 |
1906
|
1
076 |
|
|
| 1911
|
1
015 |
|
|
1921
|
825 |
|
|
1926
|
870 |
|
|
1931
|
841 |
|
|
L'origine
du nom d'Auvillar :
1801 (Bulletins des lois) : Auvillard
Après 1801: Auvillar
Evénements
:
Absorbe
en 1819 :Casterus
Absorbe en 1821 :Grezas
Administration depuis 1801 :
département
:
1801
:Lot-et-Garonne
1808 :Tarn-et-Garonne
arrondissement
:
1801
:Agen
1808 :Moissac
1926 :Castelsarrasin
canton
:
1801
:Auvillard
Les
Sauvetés
Source
: La Lomagne, fascicule trimestriel ( N°7 ), d'André
Dupuy
Dans une donation faite à l'abbaye du Mas-Grenier,
en 1015, figure la plus ancienne mention d'une sauveté
du pays toulousain. Les sauveté consistait en la protection
morale et physique assurée par les moines bénédictins
dans le contexte de la "Paix de Dieu", mouvement
né en Aquitaine en 989. En Aquitaine, le mouvement
des sauvetés commença vers le milieu du 11ème
siècle. Il s'agissait de petits villages d'hôtes,
de céation préméditée, placés
sous la protection de l'Eglise, protection symbolisée
par la plantation de croix délimitant leur territoire.
En Lomagne, il y en eu 3 : Saint-Sardos ( 1122 ), La salvetat
d'Auvillar ( avant 1135 ) et celle de Saint-Nicolas ( 1135
).
Celle d'Auvillar est devenue par la suite le faubourg de de
la Salvetat. Le lieu n'était pas isolé car le
vicomte de Lomagne et d'Auvillar y avait fait construire l'une
des principales forteresses, même s'il ne s'agissait
encore que d'une puissante tour, et au bas de la falaise,
s'était établi un port où les gens se
livraient soit à la pêche, soit au commerce.
Une route de crête y aboutissait donnant encore plus
d'importance à ce site placé sur l'un des principaux
itinéraires des pèlerins de Compostelle.
Le territoire destiné à la sauveté dut
faire l'objet d'une donation de la part du Vicomte mais nous
ignorons au bénéfice de quel établissement
religieux. Probablement l'abbaye de Moissac ?
Cet espace de deux hectares et demi dans lequel était
clôturé des maisons, des étables, des
jardins, probablement des patus, finira, au fil des siècles,
par se garnir entièrement d'habitations pour devenir
un faubourg populeux de la ville nouvelle. Subsiste le nom
de la rue de la Sauvetat.
La
cité auvillaraise avait un tel prestige que quelques
seigneurs du Moyen Age décidèrent qu'Auvillar
serait bien représentée par 2 tours chacune
surmontée de 3 flêches, schématisation
d'une demeure seigneuriale.
Mais ce blason n'était pas officiel. |
|
Le
Roi Louis XIV, qui cherchait des recettes supplémentaires,
demanda aux communautés de faire enregistrer
leurs armoiries. Cet enregistrement devait être
établit sous 8 jours, sous peine de se voir attribuer
un blason d'office. C'est ce qui arriva à Auvillar,
qui reçu ce blason sans l'avoir souhaité.
Les vignes étaient nombreuses à cette
époque et Auvillar était attaché
à l'archiprêté du Brulhois, qui
comprend la vicomté du Brulhois, la seigneurerie
de Dunes et la vicomté d'Auvillar.
Ainsi s'explique la représentation des douves
sur le blason et l'appellation des vins de Brulhois
pour les vins récoltés dans la vicomté. |
|
|
Vivien
II
(1153-1221)
Othon IV
(1180-1238)
Arnaud-Othon
(1205-1256)
de Lomagne
|
Vicomte
de Lomagne
Vicomte d'Auvillar (Arnaud-Othon) |
sources
: Auvillar - Histoire et patrimoine par Andrée Capgras.
Auvillar - Al Canton par Christian-Pierre Bedel.
Histoire
du Port d'Auvillar
Histoire
de la Lyre Auvillaraise
Vieux
plans cadastraux
Histoire
d'Auvillar d'après A. Lagrèze-Fossat ( 1868
)
Auvillar
est appelé Altivilaris ou Altavilla au moyen-âge
( version latine ) ou Haultvillar ( version romane ). Ce dernier
nom fut conservé au 16ème siècle quand
le français fut substitué au patois. Auvillar
date certainement de l'époque gauloise et romaine,
car on y a découvert une statuette de Vénus
en bronze, des monnaies romaines en bronze également,
d'autres en argent, à l'effigie de César.
Au moyen-âge, Auvillar était entourré
de murailles, avec des tours et des bastions. La tour la plus
élevée fut abattue par les révolutionnaires
en 1794 et le dernier des bastions a été démoli
en 1839.

sur
cette carte de Casini, on distingue les murailles
entourant Auvillar et les tours et bastions.
Trois
portes donnaient accès à la ville : la porte
de Saint-Pierre ( devant l'église - aucun vestige ),
la porte de la Fontaine ( démolie au 19ème siècle
probablement suite à un incendie ) et la porte d'Arnaud
Othon ( était à l'emplacement actuel de la Tour
de l'horloge ).
Le faubourg de la Salvetat, était protégé
par une porte fortifiée, appelée porte de Lectoure.
L'église Saint-Pierre
dépendait autrefois d'un couvent que les dominicains
avaient fondé à Auvillar vers 1275. Elle existait
déjà en 1186. Elle fut détruite en partie
en 1570 par les calvinistes. La fenêtre à ogive
et la rosace datent du 14ème siècle, comme la
grande portion de l'église actuelle ( 1340 ). A l'époque
de sa reconstruction ( 14ème siècle ), l'église
fut surmontée d'une tour carrée, qui fut battue
en brêche pendant les guerres civiles et religieuses
du 14ème siècle et démolie en 1794.
L'église Sainte-Catherine est située au Port.
Elle fut reconstruite de 1305 à 1314 par Bertrand de
Goth ( pape Clément V ).
Le château :
Marguerite d'Orléans se marie le 9 octobre 1509 avec
le Duc d'Alençon et reçu de son frère
Fraçois 1er les Vicomtés de Lomagne et d'Auvillar.
Son mari étant mort en 1525, elle se remaria en 1527
avec Henri d'Albret, roi de Navarre. Les protestants conservèrent
Auvillar jusqu'en 1571, date de la reprise de la ville par
les troupes royales, au mois de juin.
Aussitôt ( en 1572 ), les habitants d'Auvillar, pour
se venger des excès et sévices des huguenots
et pour se venger de Henri de Navarre, leur chef, démolirent
de fond en comble le château Vicomtal qui avait été
réparé et embelli en 1562.
Le roi de Navarre repris d'ailleurs Auvillar où il
séjourna du 13 au 15 novembre 1574, mais il se garda
de reconstruire le château.
On
ignore si les souterrains qui en dépendaient existent
encore au-dessous de la place du château.
Les
Vicomtes
Le Vicomte d'Auvillar en 1030 s'appelait Arnaud Odon. En 1035,
Vivien, successeur d'Odon, attaqua la ville et le monastère
de Moissac et les livra aux flammes, après les avoir
pillés. A la moitié du XII ème siècle,
le vicomte s'appelait Saxet, celui-là même qui
donna les us et coutumes à Auvillar.
Son successeur fut un autre Odon ( surnommé Bernard
) de 1147 à 1174. Vésian succéda à
Bernard Odon.
C'est des hauteurs d'Auvillar que Vésian et son fils
Odon, attendaient les bateaux qui descendaient ou remontaient
la Garonne, pour leur prélever des droits de navigation,
par la violence parfois. Les consuls de Toulouse réunirent
en 1204 une armée communale et vinrent assiéger
Auvillar. Le 14 juin, la paix fut conclue et il fut décidé
que les habitants de Toulouse ne paieraient que les anciens
droits de passage ( la leude ).
En 1217, le vicomte était Vivien. Odon, le fils de
Vivien succéda à son père.
Le successeur d'Odon fut Arnaud Othon. Vésian, son
fils, lui succéda.
La vicomté d'Auvillar était possédée
en 1304 par un des fils de Philippe le Bel, Philippe V. Ensuite,
il y eu : Jean 1er, Jean II en 1373, Jean III en 1383, Bernard
VII en 1391, Jean IV en 1418, Jean V fut assassiné
à Lectoure sur ordre de Louis XI en 1473. Les domaines
d'Auvillar furent confisqués puis remis à Charles
d'Armagnac en 1483.
François 1er transmis les droits à Charles,
duc d'Alençon, et à Marguerite d'Orléans,
femme de ce dernier. Le duc d'Alençon meurt sans enfants,
et sa veuve épousa Henri d'Albret II, dont ell eut
Jeanne d'Albret, mère de Henri IV. Une fois roi, Henri
IV réunit à la couronne les domaines de la maison
d'Armagnac. Les habitants eurent donc pour seigneurs :
Vicomtes de Lomagne et d'Auvillar jusqu'en 1279.
Comtes de Périgord de 1279 à 1304.
Philippe, fils du roi, de 1304 à 1319.
Comtes d'Armagnac de 1319 à 1526.
Rois de Navarre de 1526 à 1589.
Rois de France de 1589 à 1789.
Les
us et coutumes d'Auvillar
Elles
existaient avant d'avoir été écrites,
pour constituer une sorte de code. Elles étaient rédigées
en principe en latin, puis en roman ( 1265 ) apr Pierre de
Carbiran, notaire de Lectoure. Les franchises et libertés
étant plus grandes avec les nouvelles coutumes, les
auvillarais payaient au vicomte une rente annuelle double,
deux cent sous au lieu de cent sous.
Ces coutumes furent confirmées au château de
Montamat ( près de Moissac ), au sommet de la colline
de Sainte-Livrade, le 14 mars 1279, en présence de
personnalités locales, notamment la veuve d'Arnaud
Othon et Arnaud Barada, notaire à Auvillar. L'acte
fut écrit sur deux parchemins reliés ensemble.
Ces coutumes furent confirmées par Jean II en 1387.
Et ensuite en 1515, par Charles duc d'Alençon au château
d'Amboise.
Titre
1er : état des personnes
:
Les habitants d'Auvillar étaient séparés
en deux groupes : les hommes libres
( désignés comme "habitants" ) et
les serfs. Les hommes libres étaient subdivisés
en deux classes, la classe des populaires ( nombreux et pauvres
) et la classe des prud'hommes ( nobles, clercs et bourgeois
). Les hommes libres jouissaient des franchises et libertés
de la coutume, comme les étrangés qui s'établissaient
à Auvillar, pour permettre d'augmenter le nombre d'habitants.
les hommes libres ( qui avaient le droit de quitter Auvillar
librement ) étaient admis sur les listes communes dès
l'âge de 12 ans.
Titre
II : état de la communauté :
La communauté d'Auvillar était constituée
de tous les hommes libres et était gouvernée
par des consuls et des prud'hommes.
Les revenus communaux consistaient dans le produit de la taille,
des quêtes, des immeubles ( places et trous à
fumier ), des rentes et des émoluments ( les leudes,
amendes ).
Privilèges
:
Il y avait un marché par semaine et deux foires pas
an, qui duraient chacune huit jours ( octave de Pâques
et avant la fête de la sainte-Catherine ).
Il était interdit de faire entrer du vin étranger
dans le village, pour mermettre de vendre le vin d'Auvillar
plus cher.
Exemption des droits de leude et de péage pour les
auvillarais.
Les
auvillarais avaient le droit de posséder des biens,
s'ils habitaient en dehors de la ville.
Titre
III : état de l'adminstration
municipale :
L'administration municipale était constituée
du corps consulaire et du conseil des prud'hommes. Cela subsiste
toujours, avec d'un côté le maire et ses adjoints,
et de l'autre les conseillers municipaux. A Auvillar, le conseil
des prud'hommes était formé de dix membres.
Les consuls étaient renouvelés tous les ans
à Pâques.
Titre
IV : état du seigneur
:
le lien féodal reposait sur le serment réciproque
du seigneur et de la communauté.
Lorsque le seigneur voulait faire la guerre, tous les hommes
capables de porter les armes étaient assujétis
au service militaire, pourvu que la guerre eût lieu
dans la vicomté ou dans l'intérêt de la
vicomté.
Droit sur les moulins. Les moulins à Nef auvillarais
n'étaient pas placés au centre de la Garonne,
mais amarrés à des chaussées que les
propiétaires eux-mêmes avaient construit ou qui
appartenaient au seigneur. Ceux qui apportaient du blé
au moulin devaient donner au leudier préposé
au pesage une livre de blé par setier
et une demi-livre par demi-setier.
Droits de port ou de pontonnage
:
Il s'agissait des droits de navigation, mais aussi pour les
personnes qui traversaient la Garonne et entraient dans le
port. Ceux qui n'avaient ni boeuf ni bouviers en étaient
affranchis. Idem pour les femmes sans montures.
Il y avait deux droits de port ou de pontonnage :
- Droits ordinaires : pour une paire de boeufs, une conque
rase de bon blé de semence. Pour un boeuf, un setier.
pour un travailleur de terre, une cartière. Pour un
homme étranger, une maille, avec possibilité
de payer en monaie d'Agen. Pour un homme avec monture, deux
sous arnaudins ou un morlaix. Pour 4 hommes, un sou de morlaix
ou deux arnaudins. Les droits appartenaient par tiers au seigneur
vicomte, aux autres seigneurs et aux bourgeois.
- droits extraordinaires : les droits étaient tous
pour le seigneur, et étaient perçus en temps
de foire.
Droits
pour les boucheries :
Redevance due pour les porcs, les boeufs et les vaches débités
dans les boucheries.
Droits
de fournage ou de four banal :
Pour le seigneur qui jouissait de ce droit dans l'enceinte
de la ville. Tous les fours appartenaient au seigneur. Tous
les habitants étaient tenus de cuire le pain aux fours
du seigneur, mais pouvaient choisir leur fournier. Les fourniers
veillaient à la cuite du pain avec le plus garnd soin.
Leudes
du marché :
Des leudes étaient perçues le mercredi de chaque
semaine, jours de marché à Auvillar. Le seigneur
n epercevait de leude que sur le sel vendu devant les maisons.
Celui qui vendait du sel devait permettre au leudier de prélever
sur ce sel la quantité qu'il pouvait en retenir entre
les 3 premiers doigts de la main droite, c'est à dire
une grosse pincée.
Leudes
des foires :
Tous les habitants d'Auvillar étaient affranchis de
ces leudes. Même choses pour les acheteurs qui portaient
eux-mêmes les objets achetés.
Droit
de pesage et de mesurage :
Ce droit appartenait pour moitié au seigneur et à
la ville. Il était d'un denier.
droits
de justice :
Gages que la coutume attribuait au seigneur ou à la
communauté. Ils n'avaient pas un caractère de
sanction, comme les amendes.
Amendes
:
Comme les gages, les sommes allaient pour moitié au
seigneur et à la ville. Elles étaient prononcées
par les consuls. Elles concernaient notamment ceux qui avaient
violé les coutumes, ou insulté le seigneur et
ceux qui étaient convaincus du délit d'adultère
ou de fornication. A Moissac, l'adultère était
un crime, mais à Auvillar, ce n'était qu'une
amende de 65 sous, et ceux qui ne pouvaient payer, devaient
de courir la ville tout nu !
Confiscations
:
Au profit du seigneur. concernait le vin entré frauduleusement
dans la ville, lorsqu'il n'avait pas été récolté
sur le territoire d'Auvillar, et les armes de celui qui succombait
dans un duel judiciaire, les biens de celui qui avait volé
pendant la nuit, s'il était condamné à
mort. aussi, les biens de celui qui avait volé en plein
jour.
Taxes
sur les maison et les cordonniers :
Un denier arnaudin devait être payé chaque année,
par tout propriétaire d'une maison ou d'une façade
sur une rue, et par tout maître cordonnier travaillant
en boutique.
Rente
communale :
Elle devait être payée tous les ans au seigneur
par la communauté. Elle était de cent sous et
fut portée à deux cent sous en 1265.
Droit de forestage
:
Droits sur les produits de la taille.
Droit de vente
ou de mutation :
Un denier arnaudin pour tout emplacement dans la ville.
Droit de déshérence
:
Le seigneur pouvait user de ce droit un an et un jour après
un décès, de celui qui était mort dans
la ville, sans héritiers.
Les
devoirs du seigneur :
Il était inclu
dans les us et coutumes d'Auvillar, tous les devoirs que le
seigneurs était tenu de respecter, sous peine de voir
les habitants se faire justice eux-mêmes en vertu des
droits de légitime défense, et d'être
ainsi privé de ses gages.
Les
duels judiciaires :
Les habitants e la ville d'Auvillar n'étaient pas obligés
d'accepte le défi de vider un différend ou de
repousser une accusation les armes à la main. Si le
défi était accepté, les deux champions
devaient s'entendre sur le choix des armes. Ils devaient encore
attendre 40 jours avant le duel, pour laisser le temps de
trouver les armes et se préparer. Les armes devaient
être de la même espèce, de la même
longueur et comparées avec soin par les juges avant
le combat. Le combat terminé, la cou n'intervenait
que pour constater le résultat et sanctionner le jugement
de Dieu.
Crimes,
délits et contravention :
A l'époque, il y avait des dénonciateurs, alors
qu'aujourd'hui, ce sont les victimes qui portent plainte.
La personne dénoncée n'avait pas droit aux dommages
et intérêts, même s'il était reconnu
innocent.
Histoire
d'Auvillar d'après Andrée Capgras
( avec son aimable autorisation)
Les
origines :
On sait peu de choses sur Auvillar
concernant l'époque du premier millénaire. Les
anciens textes du haut moyen-âge nomment la cité
Altivillaris, puis Castrum Altivillaris.
Haultvillar apparaît à la fin du XIVème
siècle. Altavilla
est une forme tardive due
à Aimeric de Peyrac au XVème siècle.
Le nom occitan ancien était Autvilar.
Les invasions romaines venaient du sud et se faisaient par
la Garonne. Les romains ont donc pu construire ici un lieu
de défense bien placé. En 1809, il a été
découvert à Auvillar une statuette en bronze
représentant Vénus.
Il y avait également une voie romaine entre Toulouse
et Agen, qui passait par la rive gauche de la Garonne, donc
probablement par Auvillar.
Création
de la Vicomté :
Au
XIème siècle, de par sa situation en bordure
du fleuve, et à sa position sur le rocher qui en fait
un point de surveillance, la cité devient très
importante. Auvillar est alors érigée
en chef-lieu d'une vicomté distincte de celle de Lomagne.
elle prend le nom de Vicomté d'Auvillar et de Lomagne.
La nouvelle Vicomté ne s'arrête pas à
la Garonne, pourtant frontière naturelle, mais engloble
Espalais, Saint-Michel de la Corneille, Saint-Jean de Castel
et une partie de Bayne. Ceci dans le but de permettre la levée
des leudes (impôts) pour tout passage de marchandises
sur la Garonne, de manière maximale pour le Vicomte,
car il était propriétaire des deux Rives.
Cette situation politique a posé beaucoup de problème
car l'Angleterre était maître dans la vallée
de la Garonne, sauf l'enclave d'Auvillar, avec une portion
sur la rive droite. Le roi Philippe le Bel a dû intervenir
pour faire respecter l'intégrité du territoire
du Vicomte de Lomagne et d'Auvillar.
Administration
de la Vicomté
1030 : Vicomte Arnaud Odon
1037 : Vivien succède à Odon,
attaque Auvillar et Moissac, les livre aux flammes et au pillage.
Début du XIIème : Saxet, qui
édicte des arrêtés qui gèrent l'organisation
de la vie de la cité. Ces arrêtés regroupés
sont appelés "coutumes". Elles datent de
1135.
1150 à 1175 : Odon, puis Vésian
succède à Odon.
1217 : une donation faite à l'abbaye
de Moissac cite le nom de Vivien comme vicomte d'Auvillar
et de son fils Odon.
Vivien et son fils reconnaissent Simon de Monfort, comme seigneur,
comte de Tolouse.
1246, Arnaud Othon devient vicomte d'Auvillar,
et donne de nouvelles coutumes en 1265, qui sont écrites
en langue d'Oc par Maître Pierre Cabiran, notaire à
Lectoure. La Tour de l'Horloge porte le nom de ce Vicomte.
Quand Arnaud Othon meurt, il laisse Vésian et Philippe
(garçon et fille), qu'il a eu avec Marie. vésian
succède à son père. Marie épouse
Archambaut, comte du Périgord.
Ces Vicomtes n'étaient pas très honnêtes.
Vésian, par exemple, scrutait le fleuve, avec son armée,
et pillait les bâteaux, et tuaient s'il y avait résistance.
Le trafic était ainsi fortement pertubé. Les
consuls de Toulouse ne supportaient plus ces exactions et
assiégèrent Auvillar en 1204. La paix fut finalement
conclue sur la promesse du Vicomte d'Auvillar de ne plus atttaquer
les bâteaux, et de ne faire payer que les leudes initiales.
1279, Archambaut marie son fils Hélie
à la soeur de Vésian, Philippe (prénom
masculin ou féminin à l'époque), et devient
donc Vicomte d'Auvillar. Les distances avec le Périgord
étant trop grandes, il donne la vicomté d'Auvillar
au roi de France Philippe le Bel, qui lui-même la cède
à son fils Philippe, futur roi de France sous le nom
de Philippe V.
22
septmebre 2009, bientôt la suite .....
|