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Le musée

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Découvrir l’histoire de l’industrie de la plume d’oie auvillaraise

Musée du Vieil Auvillar et visites commentées du Centre historique

Ouverture  du Musée (Faïence, Arts, Traditions Populaires et Batellerie) :

du 15 avril au 15 octobre, tous les jours de 14h30 à 18h30(sauf le mardi). 

du 16 octobre au 14 avril, le week-end uniquement de 14h30 à 17h30.

 

Tarif entrée musée : 3/personne (gratuit jusqu’à 12 ans).

Fermé en décembre et janvier  ou sur R.D.V.  ainsi que pour les visites commentées. 

Qui de mieux placé qu’un Auvillarais  pour faire découvrir son  beau village et son musée!!

L’association des Amis du Vieil Auvillar gère le musée depuis 1930 et organise les visites commentées de tout le patrimoine auvillarais. 

 

Tarif visites commentées : 4€/ personne (groupes de 10 personnes minimum).
Paiement sur place par chèque ou en espèces.


Renseignements à l’Office du Tourisme Intercommunal :

Tel : 05.63.39.89.82 Mail : ot-auvillar@cc-deuxrives.fr

Ou au Musée :

Tel : 07.82.86.66.15 Mail : associationdesamisduvieilauvillar@laposte.net

 

Pour acheter le livre sur la faïence d’Auvillar, de l’exposition à Belleperche en 2015.

La faïence créa la principale richesse d’Auvillar. La ville eut plus de 2000 habitants et vers 1800, on comptait plusieurs dizaines d’ouvriers faïenciers.
La faïence d’Auvillar, solide sans être fine, bien résistante à la chaleur, avait l’ambition au 18ème siècle d’égaler Rouen, Strasbourg et Moustiers.

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Auvillar produisit exclusivement de la faïence de grand feu, avec ou sans décor, sur émail cru. Cet émail d’oxyde de plomb posé en couche épaisse, couleur blanc cassé, venait de Bordeaux. Les émaux de décor employés, étaient essentiellement le bleu de cobalt, le vert de cuivre, le violet de manganèse, le jaune d’oxyde de fer et le rouge dit  « orangeât  » de Thiviers. Le décor était exécuté à main levée le plus souvent; au poncif pour les grandes séries et au pochoir à partir de 1830. Vers 1820, les fabriques utilisaient annuellement, en plus de la terre d’Auvillar,  12 tonnes de sable de Marsac, 3,5 tonnes d’oxyde de plomb, amenés de Bordeaux et 400.000  «  bourrées  » de bois des alentours. La production annuelle était de : 960.000 assiettes, 60.000 soupières, 60.000 plats, 60.000 cafetières, 60.000 casseroles, soit 1.200.000 pièces de faïences ou poteries. Ces pièces partaient du port d’Auvillar, par bateaux entiers, et étaient vendues dans les foires en suivant les cours d’eau, jusqu’à Bordeaux. Où  elles étaient exportées vers l’Angleterre et les colonies. L’arrivée du chemin de fer à Valence d’Agen a permis aux faïenciers d’exporter plus facilement leur production.

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Le milieu du XIXème siècle voit le déclin de la faïence blanche au profit de la terre vernissée vers 1840 et le dernier four s’éteindra en 1909. Ce sont ces faïences des 18ème et 19ème  siècles qui firent la gloire et font encore la renommée d’Auvillar et suscitent l’intérêt des collectionneurs.

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À la fin du 18ème  siècle et pendant tout le 19ème siècle, de nombreuses fabriques sont installées à Auvillar, on en compte 7 en 1834, 12 de 1811 à 1834 qui réunissent plusieurs dizaines d’ouvriers en faïence parmi lesquels des tourneurs flamands et saxons ainsi que  des céramistes italiens. C’est l’apogée de la faïence auvillaraise. On peut les admirer au musée d’Auvillar et à celui de Donzac.

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Les fabriques : En 1689, 1699 et 1709, Louis XIV  promulgue les lois somptueuses, ordonnant l’envoi à la fonte de la vaisselle d’orfèvrerie pour renflouer le trésor royal. Le besoin de remplacer ces services disparus provoque l’éclosion d’une multitude de petites fabriques. On a relevé l’existence d’une quinzaine de fabriques à Auvillar entre le 18ème et le 19ème  siècle. La plus ancienne et probablement la plus importante est celle des Ducros établie place Saint-Pierre. Vers 1750, le fils d’un marchand potier auvillarais, François Ducros, décide d’ouvrir une fabrique de faïence. Il eut 6 enfants, dont un seul, Guillaume, embrassa sa profession et s’associa avec son père.  Il embauche un peintre sur faïence, Mathieu Rigal, né à Fontanes (Lot) le 21 septembre 1719 et mort le 3 décembre 1800 (12 frimaire an 9) à Miradoux dans le Gers (ce lieu et date de décès ont enfin été découvert le 20 novembre 2018 par moi-même Francis Sohier, merci de le préciser en cas d’utilisation de cette information !). Mathieu Rigal était un peintre de grand talent, travaillant d’abord à Ardus, puis à Auvillar vers 1755 et a laissé des pièces remarquables avec des décors très élaborés. Plusieurs de ses faïences sont exposées au musée d’Auvillar.
François Ducros, ayant fait fortune dans un premier temps, celui-ci subit de lourdes pertes et dut céder une partie de sa fabrique (1834) à un confrère auvillarais, Joseph Castex Charmes, avant de la lui vendre entièrement (1844). La fabrique Ducros fonctionnait encore en 1861 sous la direction de Maxime Castex âgé de 63 ans. La seconde fabrique d’Auvillar sera celle du Port créée par un tourneur en faïence originaire de Bruges, Henri-Joseph Landauer, arrivé à Auvillar en 1785. Il commence à travailler à la manufacture Ducros et épouse une jeune auvillaraise et fonde sa propre fabrique en 1788. La veuve Landauer en assure la direction jusqu’en 1820 où elle sera achetée par Pommarède auquel sa veuve succèdera pendant 30 ans. En 1850, cette fabrique est vendue à Isidore Verdier qui l’exploitera avec son fils jusqu’en 1875, mais l’aura  convertie en usine à tuiles à crochet vers 1861. Les crues successives de la Garonne provoquent sa fermeture en 1875. Celle de la rue Jonqua fondée en 1785 par Antoine Serres sera successivement la propriété de 5 familles différentes et fermera définitivement ses ateliers en 1903. Celle de la rue de l’Argenterie, créée vers 1780, restera la propriété des Verdier et fermera ses portes vers 1850 devant la concurrence bordelaise. Les fabriques de Mondou et de Lance, qui commencent leur activité à la fin du 18ème siècle, appartiennent aux Taillard; elles fonctionneront jusque vers 1850 et 1860. La fabrique de Marchet (1805-1876) appartenait aux Castex. Les autres, eurent seulement quelques décennies d’activité au 19ème siècle.

Les techniques : La forme s’obtient par le tournage, dont le tournassage constitue la finition, et le moulage qui permet une grande régularité et le respect de formes particulières. L’estampage qui s’apparente à ce dernier est utilisé pour réaliser les formes libres ou rondes mais d’un trop grand diamètre pour être tournées aisément. On termine par les garnitures (anses, becs, boutons éléments décoratifs, reliefs, etc…). Après le séchage et la cuisson de dégourdi par laquelle on obtient un « biscuit », on procède à l’émaillage, après refroidissement, par immersion dans une solution aqueuse à base d’oxydes de plomb et d’étain, appelée émail stannifère. Pour la pose du décor, l’artiste doit faire preuve d’une grande sûreté de main. Il est exécuté de 3 façons : à main levée, laissant une entière liberté d’inspiration et d’exécution; au poncif, lui permettant la répétition identique de décors; au pochoir, vers la fin de la Restauration.

Grand et petit feu : La faïence de grand feu est l’une des multiples manières de traiter l’argile et les minéraux, dans un but décoratif. Même imparfaite, elle est attirante et on y retrouve, assurée ou hésitante, la main anonyme qui a tracé le décor sur l’émail cru. Le décor achevé, les pièces étaient placées, pour la cuisson, dans un four à bois soigneusement fermé. Chauffé pendant 30 à 36 heures, la température n’excédait pas, au 18ème siècle, 850 à 950°C environ. Après un refroidissement de 24 heures, le faïencier pouvait défourner pour constater l’échec ou la réussite, aucune retouche n’étant possible. Cette technique limita pendant longtemps le nombre des couleurs, aussi pratiqua-t-on une cuisson à feu réduit dite de « petit feu ». Il nécessitait une cuisson supplémentaire (vers 800°C), mais avait l’avantage de permettre des retouches au décor.

Les formes : Les pièces d’Auvillar sont relativement homogènes. On relève des services de table et des objets d’usage courant : soupières, plats, assiettes, pots à eau, pots de nuit, plats à barbe, salières, bouquetières, bénitiers, cafetières, tasses, bols, casseroles,… Il faut y ajouter le canard biberon, la tirelire, le jouet d’enfant, le lustre, la fontaine, le vase et le pique-fleurs. Dès le début, les formes Louis XV sont adoptées. Les bords chantournés ou courbes alternent avec régularité et allègent l’aspect massif des plats et assiettes. Cette forme peut aussi se présenter comme une succession d’accolades, généralement modelées en épais bourrelet, spécifiquement méridional; elle fut très utilisée à Auvillar. Il existe un autre type de bordure et de forme, à pans coupés, pour les plats et les assiettes. Sa sobriété s’harmonise avec des décors en camaïeu bleu, eux-mêmes rigoureux dans leurs compositions. Généralement octogonaux, on compte parfois 12 pans coupés, sur ces vaisselles, ce qui atténue et élimine l’aspect sobre initial. Un 3ème type de bordure est utilisé, regroupant du plus sobre au plus découpé : ils sont lobés, festonnés ou dentelés. Il y avait enfin un 4ème  type à bordure circulaire pour les assiettes.

Les couleurs : L’émail stannifère est de couleur blanc cassé, passé en une couche assez épaisse pour que la terre rouge utilisée à Auvillar ne puisse être visible. Les émaux de décor employés sont essentiellement : – le bleu aux nuances nombreuses du pervenche au outre-mer, utilisé en camaïeu; il souligne généralement le bord des pièces. – le vert allant du cendré au olive, utilisé pour les feuillages. – le manganèse, de couleur très foncée, est surtout utilisé sous forme de trait. – le rouge surtout orangé, très employé à Auvillar après la Révolution; d’abord utilisé en petites touches, il devient rapidement une couleur dominante. – le jaune, ocre d’abord, or ensuite.

La décoration : durant la 1ère  période ( 18ème siècle ), Auvillar a réalisé des décors en camaïeu bleu, plus faciles et moins coûteux, le cobalt qui en constituait la base étant sans surprise lors de la cuisson au grand feu; d’autre part,, il exigeait moins d’habilité dans le décor. Les décors polychromes du 18ème siècle relèvent d’influences et de styles très différents, les nombreux peintres ayant apporté leurs procédés et même leurs poncifs. Les décors personnalisés ont pour caractéristique un texte intégré à la composition du décor, rendant ainsi l’oeuvre unique. Des pièces sont aux armes des Esparbès de Lussan, seigneurs de Bardigues, un service de table complet est timbré des trois lettres  «  D I O », vieille famille auvillaraise, une assiette porte l’inscription  «  PROTTE – PRIEUR 1826 », au prieuré des Ursulines… Comme motifs, on distinguera : les personnages, les paysages, les oiseaux; les fleurs.

Personnages et paysages : Courants au 18ème siècle, les décors de personnages se font rares au début du 19ème  siècle pour disparaître dans la seconde moitié. Sur une belle vasque, nous avons des chinois, un pâtre et une fileuse, sur un plat à barbe, une silhouette féminine cueillant une fleur et un arlequin sur une gourde. Tous ces personnages sont assez bien réussis, mais la paysanne au râteau, de facture plus moderne est maladroite, nous montre combien les artistes auvillarais du début du 19ème  étaient peu habiles à pratiquer l’art du portrait. Auvillar s’oriente donc vers le décor floral et produit quelques faïences décorées de paysages. Les paysages champêtres sont tous interprétés suivant l’influence de l’époque et l’adresse de l’artiste. Une impression d’unité se dégage cependant de l’ensemble des pièces qui est dû simplement à l’emploi du même motif. Les décors, très romantiques, de plusieurs pièces se composent d’une colline brune dominant une eau bleutée animée de reflets, d’une barrière au premier plan, d’une tour émergeant de buissons et sur la gauche d’un groupe d’arbres à frondaison légère formant le cadre du tableau. Quant au paysage fluvial qui aurait dû inspirer les artistes auvillarais étant donné le rôle portuaire d’Auvillar, il semble avoir été fort peu utilisé. Une assiette à motif de bateau représente le type d’embarcation employé sur la Garonne : la gabarre; encore est-elle de facture maladroite et peu réaliste.

Les oiseaux : Le décor aux oiseaux est traité avec beaucoup de variété tant dans la réalisation que dans le choix des espèces représentées : colombiers, passereaux, gallinacés, échassiers et rapaces. Le support qui les accompagne est naturel et se compose, soit d’une branche fleurie, soit d’une sorte de terrasse rocheuse ou herbue. Le décor à motif de coq semble être le plus répandu ou le plus connu des amateurs.

Le décor floral : La grande production auvillaraise se caractérise par son décor floral.
«  La restauration », période de stabilité, réveilla l’activité auvillaraise, avec un type de décoration et des coloris très différents (du 18ème  siècle, devenus caractéristique d’Auvillar. Ce décor se caractérise par la composition de bouquets de fleurs naturelles largement traités au centre de l’objet. Il est généralement axé sur une grosse rose rouge, bicolore (rouge et jaune), bleue ou manganèse, entourée de fleurs locales rustiques ou sauvages. Il y a le bleuet bleu ou rouge orangé, la campanule, la véronique ou le mouron, toujours bleus, la renoncule représentée de face ou de profil peintes en bleu ou rouge orangé.
La rose : Représentée au plus beau moment de la floraison, pétales ouverts en corolle, cette rose, impériale par sa variété, ne ressemble en aucun cas à celle exécutée à Bordeaux, Samadet, Montauban ou Montpellier. Elle se caractérise soit par des touches lancées, soit par des touches tournantes, nettement appuyées. On appelle parfois cette rose  «  Oignon d’Auvillar » à cause de sa forme pesante, ses pétales en disposition et couleur de pelure. Plus rarement, cette fleur est représentée à Auvillar par des coups de pinceaux de couleur sombre ceinturant une zone plus clair de même teinte, ou un trait de manganèse cernant les contours et le dessin de celle-ci; ce qui donne un décor de rose  «  chatironné ». Représentée seule ou à deux ou trois, parfois avec des boutons, la rose est aussi associée à d’autres fleurs. Il y a la sauge sur sa tige raide, moins répandue et plus difficilement interprétée, le liseron, et très rarement la pensée.

La tulipe : Le décor à la tulipe est par contre très fréquent dans la production d’Auvillar. Elle est simple, naïve même, plus sophistiquée ou stylisée, en bouton, à la corolle fermée ou plus épanouie, en groupe, rarement seule. Les couleurs employées sont aussi variées que les techniques utilisées : le bleu franc pour la tulipe sauvage, le jaune orangé ou le rouge orangé pour la tulipe simple cultivée représentée soit aquarellée soit en décor  «  chatironné  ». Ces deux couleurs mises au service d’une technique plus élaborée ont donné la tulipe sophistiquée ou tulipe  «  perroquet  », en raison de sa facture échevelée.
Autres fleurs : Parmi les autres fleurs servant de motif pour le décor des faïences d’Auvillar, il y a l’œillet, reproduit dans de nombreux centres, qui se caractérise par sa couleur rouge orangé quelque fois nuancée de jaune; il est exceptionnellement bleu lorsqu’il fait partie d’un décor en camaïeu de cette couleur. On retrouve aussi le bleuet, le souci et la marguerite. Il y aussi le panier d’osier à fleurs, posé sur une terrasse herbue, généralement très soigné, qui eut beaucoup de succès et fut représenté du début jusqu’à la fin de la belle production faïencière d’Auvillar. Vers la fin de la Restauration, apparaissent les premiers décors au pochoir. Le fakir et le bleuet deviennent imposants, la marguerite et le souci prennent une place centrale. De nouvelles fleurs apparaissent : la primevère, l’églantine, la fleur de ronce… Le décor floral à « l’épi de blé  » est rare, celui à la fougère semble inspiré de la période décadente de Samadet.