La magnifique cité d'Auvillar dominant la vallée de la Garonne dans le sud-ouest de la France,
l'un des plus beaux villages de France, haut lieu touristique et artistique de la région Midi-Pyrénées.
c'est aussi une halte incontournable sur les chemins de Saint Jacques de Compostelle.
Auvillar
Tarn & Garonne - France
Le 02-09-2010 à 18:55:22

la halle


 

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blason auvillar


Le Port d'Auvillar, au bord de la Garonne


Le Port d'Auvillar
UNE HISTOIRE DE MARINS.


Des origines jusqu'au milieu du XIXème siècle, la Garonne a permis non seulement de multiplier les échanges de marchandises mais aussi et surtout de favoriser le contact entre les hommes .
L'origine du PORT d'AUVILLAR est sans doute un ancien péage qui existait déjà, à cet endroit, en 1204.
En 1789, la Commune d'AUVILLAR comptait encore quarante-neuf familles de matelots.
Ces mariniers, véritables professionnels de la batellerie, étaient des hommes pleins d'énergie, d'audace et de sang-froid; ils avaient une connaissance parfaite de la rivière et jouissaient d'une considération dont ils se prévalaient.
Leur devise était:
"Si vilain sur terre, Seigneur sur l'eau je suis !"
Ils vivaient 12 à 16 heures par jour sur les embarcations et couchaient, le soir venu, dans des auberges de la rive.
AUVILLAR était très renommé pour ses auberges et on s'y arrêtait toujours car le péage était obligatoire.
Les gens de marine , comme s'intitulaient les bateliers, avaient dans chaque port, leur église particulière. Presque toutes ces chapelles sont dédiées à Saint Catherine, patronne des gens de la rivière et des philosophes.
Le PORT D'AUVILLAR a la sienne.
L'Eglise des marins date vraisemblablement de l'époque Carolingienne. Il est encore possible de voir, au dessus du porche, à l'extérieur, un monogramme du Christ du IXe siècle. Ce chrisme est un important symbole de l'Eglise primitive. On y trouve notamment les lettres grecques " l'alpha et l'omega " ( le commencement et la fin ), et les deux premières lettres de Christos, en grec, X P.


Malheureusement, il reste bien peu de choses de ce monogramme dont le symbolisme puissant se perd dans la nuit des temps. Et notre Chapelle est, elle même, dans un bien triste état.
Les marins effectuaient des offrandes à leur Sainte protectrice. Ils achetaient ou fabriquaient eux-mêmes ces ex-votos. De nombreux ont ainsi été retrouvé dans la chapelle; la plupart représentent des navires de guerre . Le Musée d'AUVILLAR les conserve précieusement. Il expose également un tableau de Sainte Catherine d'Alexandrie qui se trouvait dans cette vieille chapelle.
La plupart des peintures murales visibles doivent dater du XVIIIème siècle .Leur état de conservation est remarquable compte tenu du peu d'entretien dont elles ont fait l'objet. Voir le site sur la Chapelle Sainte-Catherine

La plupart des peintures murales visibles doivent dater du XVIIIème siècle Leur état de conservation est remarquable compte tenu du peu d'entretien dont elles ont fait l'objet.

Cependant , le crépi s'écaille par endroit et laisse entrevoir des peintures bien plus anciennes pouvant avoir été exécutées au XIVème siècle.
Sur cette photo , on peut voit un personnage assis sur un trône ; de part et d'autre du trône sont peints deux animaux mythiques .


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Histoire du Port et de la Garonne :

Depuis l'antiquité, le commerce par eau se pratique déjà dans le bassin de la Garonne. Ausone, poète du 4ème siècle, parle bâteaux qui se promènent sur la rivière ayant 2000 stades de navigation, soit la distance de Bordeaux à Toulouse ( 370 km ). Mais depuis le début du 19ème siècle, la Garonne tombe dans l'oubli. La voie navigable dans l'axe garonnais a dominé l'économie des transports des origines jusqu'au milieu de 19ème siècle. La route parallèle au fleuve est impraticable de novembre à juillet : le sol humide et gras est piétiné par les animaux et n'est pas entretenue.

L'inscription maritime :
Colbert est à l'origine de la maîtrise des mers par la France. Beaucoup de bâteaux sont construits et déciment les forêts du Périgord et les sapins des Pyrénées. De même, il fallait beaucoup d'hommes pour armer ces bâteaux. C'est alors que fut créé l'insciption maritime, sorte de service militaire maritime. Des auvillarais ont donc fait la campagne d'Amérique entre 1790 et 1792. Au 18ème siècle, les besoins de lamarine de guerre étant réduite, les marins se tournent vers la marine marchande. Le développement des colonnies antillaises fait de Bordeaux le grand port d'embarquement.


maquette du musée de la battellerie.

Les moulins à nef :
Jusqu'au 17ème siècle, la minoterie n'est encore qu'une industrie locale comprenant de nombreux moulins disséminés dans la campagne. Le moulin est souvent double : moulin de pech ( hauteur ) et moulins de rivière dans les petites vallées, en particulier sur l'Arratz. A partir de cette date, la moyenne Garonne devient un grand pays de blé et la Garonne devient le fleuve des moulins à nef.
L'origine des moulins à nef remonte aux premiers siècles. Au moyen-âge, la plupart des fleuves français et même européens, sont peuplés de moulins-bâteaux. Les moulins à nef sont constitués de deux nefs - bâteaux de 12 mètres de long ) séparés par une roue à aube.
Les moulins à nef se trouvent directement sur la voie de navigation et gène le passage des bâteaux. Il y a beaucoup d'accidents. A partir de 1792, l'emplacement et les réparations des moulins à nef sont soumis à de nombreux arrêtés. Le 5 mai 1835, les Ponts et Chaussées interdisent les réparations, et les moulins à nef finissent par disparaitre.


maquette du musée de la battellerie.

Le port :
Les ports sont appelés " passage " ou " cale " ou simplement " port ". Ils sont de 2 catégories, ceux où se fait le trafic et ceux où habitent les gens de la rivière. Auvillar fait partie de ce dernier type. En 1789, il y avait 49 familles de matelots.
Le port d'Auvillar a pour origine un ancien péage appelé " taille foraine "ou " travers ". Ce péage existe déjà en 1204. Les vicomtes ont l'autorisation de lever des troits de leudes sur les marchandises portées par les étrangers dans la ville ou seulement traversant le port d'Auvillar. Certains vicomtes ont même tendu des embuscades avec plusieurs hommes d'armes, aux bâteaux de passage. Un certain nombre de péages garonnais est associé de plus ou moins près au site d'un château. Le péage d'Auvillar se prend sous le château des vicomtes qui domine le niveau du fleuve d'une centaine de mètres. Les origines d'une seigneurie comme Auvillar ont été assurément liées à l'institution du péage, qui a suivi les vicissitudes de la vicomté d'Auvillar et de Lomagne.

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Les bacs :
Les exploitants des bacs sont appelés les fermiers. Ils ne doivent transporter plus de 50 personnes. L'utilisation du bac ne peut avoir lieu entre le coucher et le lever du soleil. Bien sûr, les crues de la Garonne perturbent beaucoup les passages d'une rive à l'autre.

Le pont :
L'instabilité du cours de la Garonne, l'absence de berges fixes et la largeur de la plaine inondable rendent difficile la construction des ponts. Aussi la Garonne fut-elle par excellence une rivière sans pont. Il n'y avait aucun pont de Bordeaux à Toulouse. La commune d'Auvillar est sollicitée par la société des ponts en fil de fer, en 1841, pour la construction d'un pont suspendu en remplacement du bac existant. Il sera soumis à un droit de péage pour amortir les frais de construction pendant 49 ans. Le bac cesse donc en juillet 1845, lors de la mise en service du pont. Il présenta de sérieuses avaries en 1856/1857 et a dû subir de nombreuses réparations. Il fut utilisé jusqu'en 1939.

Un bateau sous le pont en 1850

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ordonannce du roi pour la construction du pont en 1842


Plan d'étude du pont en fer en 1841


Un pilier au bout du pont


Elévation latérale d'une portion de plancher


Coupe en travers de la moitié du plancher


le pont sur toute la longueur


La vigne :
Le quartier de Port d'Auvillar était autrefois un haut lieu vitivinicole. En 1306-1307, c'est 26000 hl de vin qui, du Port, furent expédiés vers Bordeaux à destination des pays du nord. Aux abords de la chapelle Sainte Catherine, la vigne ornait le coteau….et la commune, en témoigne le blason d'Auvillar concédé à la cité par Louis XIV….trois douves de tonneau d'or sur fond d'azur !

La vigne, le vin et les hommes.
C'est autour des établissements religieux que se sont créés les premiers vignobles. Les premiers vignerons furent des religieux, le vin étant nécessaire pour célébrer la messe, et ils disposaient aussi du savoir…et des moyens. Il est probable que les religieux de Ste Catherine avaient leur vigne à proximité.
Ensuite, la vigne et le vin ont gagné le domaine profane. Il nous en reste aujourd'hui, outre le blason de la ville, la fête de la Saint-Noé, tous les ans en juin, qui est à la fois chrétienne et …païenne. Bacchus est porté en hommage aux dieux.

La vigne et le temps.
Ainsi, avant d'être un phénomène économique, la vigne et le vin furent d'abord des phénomènes sociologiques, avec les vins bourgeois, culturels avec leurs fêtes et célébrations, liturgiques aussi ( messe de la St-Noé ).
La durée de vie d'un vignoble peut atteindre un siècle et fait appel à la notion de générations ; l'une préparant l'avenir de la suivante. A chaque génération vient s'ajouter le savoir-faire acquis par la précédente. Ainsi, comme une encyclopédie, la viticulture s'enrichit, ses vins aussi se diversifient et s'améliorent. L'on sait aujourd'hui et depuis hier, avec un seul raisin, faire des vins aussi différents que champagne, vin rouge ou rosé, à boire jeune ou à vieillir.
Le vigneron, comme l'artiste, tire de sa palette toutes les nuances

Une restauration.
Les paysages viticoles sont toujours des espaces très humanisés. La main et le génie de l'homme y sont sensible, rien n'est moins hasardeux qu'un paysage viticole.
Il est sûr que le quartier du Port d'Auvillar ne peut qu'embellir par la présence de beaux rangs de vigne dans ce coteau que les anciens avaient déjà planté en vigne.
Que l'initiative de chasser les broussailles pour restaurer une vieille tradition viticole ne soit d'initiative locale, mais venue de l'extérieur n'est paradoxal qu'en apparence. Ce va et vient des hommes et des femmes chasse l'indifférence ou le laisser-aller, il jette un regard nouveau sur un paysage, une tradition, une histoire !

Alors bonne chance à la vigne du Port d'Auvillar, elle va y implanter ses racines, pour que nous y retrouvions les nôtres.

René DAUTY


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Mise à jour le : 06/08/2010 à 14:34