La magnifique cité d'Auvillar dominant la vallée de la Garonne dans le sud-ouest de la France,
l'un des plus beaux villages de France, haut lieu touristique et artistique de la région Midi-Pyrénées.
c'est aussi une halte incontournable sur les chemins de Saint Jacques de Compostelle.
Auvillar
Tarn & Garonne - France
Le 09-02-2010 à 05:40:08

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Le Moulin à Nef - artistes en résidence
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Le Moulin à Nef - Le Port - Auvillar
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Dans cette page : Historique - les travaux les moulins à nef

historique :
Le village d'Auvillar est sur la rive gauche de la Garonne, dans la Région Midi-Pyrénées, à l'Est d'Agen et à l'Ouest de Montauban. Il est inscrit sur la liste des "Plus beaux villages de France". Le centre du village, une ancienne bastide entourée de murailles, est placé sur un promontoire surplombant la rivière; il est relié au Port par une route abrupte.
C'est là que de nombreuses activités se sont concentrées, il y a plus de deux mille ans. Le fleuve constituait une voie de communication qui facilitait l'exportation des céramiques, du vin, des plumes de duvet, des plumes à écrire et des fruits produits dans la région. Des pélerins venant de tous les coins de l'Europe et se dirigeant vers Saint Jacques de Compostelle en Espagne, ont dû s'arrêter souvent à la Chapelle des Marins, consacrée à Sainte Catherine et construite au Xème siècle. Une intense activité régnait alors dans les rues et sur la rivière. Puis le temps passa et, quand la voie de chemin de fer fut construite, à Valence d'Agen, de l'autre côté de la vallée, Auvillar déclina rapidement. Le Port si actif autrefois, fut presque oublié.

En 1994, un groupe d'artistes de Denver, Colorado, a séjourné pendant trois semaines, dans le village: le premier programme "Artistes en Résidence" était né; ce programme est resté l'activité principale d'une longue série de manifestations caractérisées par les échanges culturels et artistiques. Pendant les quatre premières années, la Fondation Donnell Kay attribua, tous les ans, une modeste subvention (entre US$ 3000 et US$5000 ) à l'Alliance Française de Denver, puis au Art Students League of Denver; elle permettait d'aider les artistes à financer leurs déplacements. Puis, au fil des ans, d'autres programmes ont été construits par d'autres organismes.
Devant le succès grandissant de ces manifestations, il a semblé opportun de créer un Centre permanent permettant de les développer et de leur assurer une certaine continuité. A cet effet, la Fondation Donnell Kay a accepté d'acquérir, en 1999, deux immeubles en ruine, placés sur un terrain d'environ 5500m², dans le quartier du Port. Le Centre d'Echange Culturel d'Auvillar (CECA) a d'abord été chargé de surveiller la restauration des biens puis, par la suite, de faciliter leur transfert à un futur propriétaire à qui sera confiée la mission de poursuivre les activités ainsi engagées, dans le même esprit ayant présidé à la naissance du Moulin à Nef, nom désormais donné à ce Centre.

La phase de construction du Moulin à Nef est maintenant achevée. L'immeuble-atelier, appelé "la Ceba", comporte un atelier de céramique moderne, doté d'équipements professionnels et susceptible d'accueillir entre 5 et 10 personnes. A l'étage, se trouvent trois salles dont l'affectation n'est pas encore précisée; elles peuvent être utilisées soit comme salle de classe, soit comme atelier; un espace pourrait être réservé à des expositions.
L'immeuble-bureau, dénommé "La Cloucado", en référence à un célèbre groupe littéraire occitan auvillarais du début du 20ème siècle (La Cloucado Marcabrun), comporte un bureau d'accueil et trois ou quatre petits studios d'art qui pourraient être utilisés soit par des écrivains, soit par des artistes travaillant des images numériques, par exemple. Une cuisinette et une petite salle de bain permettraient d'utiliser occasionnellement et exceptionnellement cet espace pour héberger des artistes.
Derrière ces deux maisons qui se trouvent au niveau de la rue, le terrain en pente a été aménagé et préparé pour la restauration d'une petite vigne qui aura un caractère œnologique, ampélographique et pédagogique tout en contribuant à la conservation de l'environnement. Au-dessus, une partie plane pourrait recevoir, si besoin était, des constructions supplémentaires.

Les travaux
C’est la Fondation Donnell Kay qui, en 1999, a acheté, au Port, un terrain et ses trois ruines, pour y construire le Moulin à Nef. Très rapidement, le terrain a été défriché. Un architecte a été recruté; il nous a apporté son concours en vue de procéder à la restauration des trois maisons. Le dossier de demande des autorisations requises a été rapidement monté. Grâce au soutien notamment de la Municipalité et de l’Architecte des Bâtiments de France de Tarn et Garonne, nous avons pu remettre sur pied deux maisons sur les trois qui se trouvaient en ces lieux. L’année suivante, la Fondation Donnell Kay a accepté de financer l’aménagement intérieur de ces maisons qui serviront essentiellement d’ateliers pour des créations artisanales ou artistiques. La plus grande abritera un atelier de céramique et plusieurs ateliers d’art; il a été décidé de l’appeler “La ceba d’Aoubila” du nom du motif le plus connu utilisé par les anciens faïenciers d’Auvillar. La deuxième qui sera utilisée comme bureau d’accueil comportera trois ateliers; elle sera baptisée la “La Cloucado do Molin” pour rappeler le nom du célèbre groupe littéraire occitan: “la Cloucado Marcabrun”. M. Didier Médale, Achitecte, a été choisi pour construire les plans de ce nouvel ensemble, puis coordonner et contrôler la bonne marche des travaux.

La Ceba d’Aoubila :
Pour les deux bâtiments, les travaux d’aménagement ont commencé au début de l’année 2001 et sont réalisés par des artisans auvillarais ou des environs. Ils seront terminés le 15 mai 2001. Au milieu du mois d’avril, les chantiers progressaient à un rythme soutenu et les photos que nous avons pu effectuer, à ce moment-là, servent à illustrer cet article. Nous avons également établi la liste définitive des gros équipements qui seront placés dans l’atelier de céramique. Ces équipements: des fours, des tours, et bien d’autres instruments et matériels, sont commandés et seront livrés au début du mois de juin 2001. Ils seront installés au rez de chaussée de la Ceba d’Aoubila et testés, cet été.

Au deuxième étage, se trouveront trois ateliers d’art; ils n’auront pas au, départ, d’affectation particulière, leur usage sera adapté à la demande qui sera variée, il n’en faut pas douter.

La Cloucado do Molin :
Ce bâtiment est quasiment terminé. Il faudra procéder, dès que possible, à l’achat du mobilier et des équipements dont nous aurons besoin. Le rez de chaussée sera composé d’une pièce d’accueil, sur la rue; un petit centre de documentation sera aménagé, à l’arrière. Au premier étage, nous aurons un autre atelier d’art; nous envisageons de réserver la deuxième pièce, à un Atelier “IMAGES”: photographie, images numériques…etc

Le Cadre :
L’espace compris entre les deux maisons a été aménagé provisoirement. Sa destination définitive n’a pas encore été décidée. Il est prévu de faire appel à des architectes confirmés qui nous aideront à imaginer la meilleure solution. Un programme pourrait être organisé dès l’été 2002, à cet effet. Il rassemblerait, par exemple un petit groupe d’élèves architectes qui seraient invités à nous présenter des projets portant sur l’ensemble des installations du Moulin à nef.

Entre temps, il sera procédé, durant le mois de mai, à des travaux de nettoyage et de préparation du terrain: arrachage des souches d’arbre et des ronces, aplanissement de la partie se trouvant au niveau de la rue et adaptation de sa pente. Dans la partie escarpée attenante, le terrain sera apprêté pour recevoir une vigne qui sera restaurée et qui restituera au paysage, dans son ensemble, quelques-uns des caractères qu’il avait il y a plus d’un siècle. Enfin, la partie supérieure, véritable plateau, sera également nettoyée et rendue accueillante: d’autres ateliers pourraient, à l’avenir, être construits à cet endroit qui bénéficie d’un point de vue extraordinaire sur le Port, le pont la Garonne ainsi que sur le village.

Il ne reste plus qu’à souhaiter “bon vent” à notre Moulin à Nef qui, en ce début de 21ème siècle, vit sa première année d’existence, dans ce quartier du Port enfin rénové et dont nous assistons à l’étonnante renaissance.

Les moulins à Nef :

Jusqu'au 17e siècle la minoterie n'est encore qu'une industrie locale comprenant de très nombreux moulins disséminées à travers les campagnes. Le moulin est souvent double : moulin de pech (hauteur) et moulin de Rivière dans les petites vallées, en particulier sur l'Arratz (petit affluent de la rive gauche, on trouve un moulin à eau tous les trois kilomètres). Mais à partir de cette date, la moyenne Garonne devient un grand pays de blé et Garonne devient le fleuve des moulins, non pas des moulins de barrage impossible à installer du fait des berges instables et submersibles mais des moulins à nef.

Mais que sont ces moulins à nef aujourd'hui disparus qui ont eu une telle importance sur notre fleuve ? Certes il nous est impossible aujourd'hui d'apercevoir dans un coude de Garonne à Poutoy par exemple, cachés par des saules, un moulin à nef. Nous pouvons cependant l'imaginer grâce à des gravures.

L'origine des moulins à nef remonte aux premiers siècles. Procope, historien byzantin, raconte qu'en l'an 555, la ville de Rome assiégée par les ostrogoths se voient privée des 4 aqueducs alimentant les moulins de la ville en eau. Le général Belisaire demande alors à ses ingénieurs de transporter les mécanismes des moulins sur des barques solidement amarrées sur le Tibre et de les actionner par des roues à aubes. La farine coule à nouveau. Les ostrogoths, découragés, lèvent le siège.

Il faut toutefois attendre le Xe siècle pour trouver fréquemment mentionnés les moulins bateaux dans les archives. Au moyen âge, la plupart des fleuves français et même européens, sont peuplées de moulins bateaux. La Garonne ne fait pas exception.

Leur description nous apprend que les moulins à nef de Garonne sont constitués de deux nefs (bateaux de 12 m de long) séparés par une roue à aube et placée entre les deux nefs. Celui, au plus près de la berge à 5 m de large, l'autre extérieur aussi long présente une largeur sensiblement réduite de moitié, la profondeur et de 1,70 m. Les deux nefs fixées l'une à l'autre par 4 poutres transversales laissent passer le courant d'eau qui actionne la roue à aubes entraînant la meule. La nef la plus large amarrée à la berge par une ancre ou des cordages supporte le mécanisme du moulin coiffé par la maison du meunier. La maison du Moulin a sensiblement une hauteur de 5 m et une largeur d'environ 4 m.

Les moulins à nef se trouvent directement sur la voie de circulation de la Garonne. Les bateaux montant ou descendant n'ont qu'à les accoster pour se charger ou se décharger. Mais ceci présente des désavantages, ils gênent la navigation et en leur faire une guerre acharnée. Ces usines flottantes sont particulièrement dangereuses lorsqu'elles sont mal placées. En général les meuniers recherchant pour amarrer leur bateau une "gaule" , bras de la rivière séparée du fleuve par du gravier. Lorsque cette "gaule" n'est pas à côté du chemin de halage le bateau ne gênent pas la circulation, dans le cas contraire l'ancre ou la chaîne cause des naufrages si le meunier ne prend pas soin de rapprocher son moulin de la rive et de faire passer la corde de tire au-dessus du moulin.

On peut ainsi imaginer les nombreuses querelles qui illustrent les comptes-rendus des syndics.Les documents trouvés dans les archives d'Auvillar, donnent une idée précise des doléances et querelles de l'administration et de la législation fluviale avec les propriétaires des moulins à nef.

À partir de 1792, l'emplacement, les répartitions des moulins à nef seront soumis à de nombreux arrêtés entre les préfets et les propriétaires.

Ainsi en 1811, le sieur Orliac Saint Cyr d'Auvillar se voit soumis à certaines prescriptions et moins d'un an après, "à la fermeture dudit moulin". En 1820 le sieur Molinie ayant procédé à des réparations sans autorisation préalable de l'ingénieur en chef, se voit contraint de détruire les dites réparations en présence des autorités locales et de payer une amende de 40 francs. La même année, le sous-préfet de Moissac demande à Monsieur le Maire d'Auvillar de faire mettre en chômage complet le moulin à nef de Molinie frères. Encore, en 1833 Monsieur de Beauquesne propriétaire à Auvillar demande l'autorisation de construction d'un moulins à nef à Poutoy.

On peut dire que jusqu'en 1835 un sursis est accordé à ces moulins grâce à la bienveillance du maire de cette localité et en considération de leur ancienneté mais ceci au prix de nombreuses démarches.

Mais le 5 mai 1835, le conseiller d'état directeur général des ponts et chaussées ordonne tout refus d'autorisation de réparation concernant les moulins à nef sur la Garonne. Ces usines sont un écueil à la navigation et présentent trop de risques d'accidents. Toute infraction à cette disposition est alors considéré comme un délit de grande voirie, les moulins à nef doivent disparaître. Ainsi sonne leur glas sur la Garonne !

 

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Mise à jour le : 28/01/2009 à 09:19