Auvillar Tarn & Garonne - France
Le 06-09-2010 à 09:51:43
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MARCABRUN le troubadour auvillarais
Fils de Marcabruna, une pauvre femme, Marcabrun,
se décrit lui-même dans les vers suivants:
"Marcabruns, lo fills na Bruna, Fo engendratz en tal
luna Qu'el saup d'amor cum degruna
-Escotatz! Que anc non amet neguna, Ni d'autra no fo amatz."
Alors
qu'il était enfant, Marcabrun fut abandonné
à la porte d'un riche qui prit en charge de le faire
élever. Il demeura ensuite avec un troubadour nommé
Cercamon, et c'est à son contact qu'il se mit à
chanter. Marcabrun débute comme jongleur professionnel
et vers 1140, sa renommée commence à croître.
Il s'adonne ensuite à l'écriture et se révèle
comme étant un poète très doué.
On le compte donc aujourd'hui parmi les troubadours. Il
est l'auteur de la plus ancienne pastourelle que nous connaissions.
À partir de Marcabrun (on voit aussi Marcabru) jusqu'à
la fin du XIIIième siècle, on dénombre
460 troubadours qui laissent environ 2600 chansons, dont
263 seulement sont notées.
Ses biographes disent qu'il fut très
renommé et très écouté de par
le monde. Esprit puissant, bizarre, concis et ténébreux,
doué d'une invention rythmique prodigieuse, d'instincts
satiriques mordants, il ouvre dès la première
moitié du XII e siècle, par des cris de haine
et d'énormes injures, la marche des grands troubadours.
Mais si Marcabrun nous laisse des vers
d'une violence rare...on ne doit pas oublier qu'il a su
composer dans ses bons jours de gracieuses et la
plus ancienne de nos pastourelles:
"Estornel, cueill ta volada Deman, ab la matinada Iras
n'en un'encontrada..."
Toute cette seconde partie de son oeuvre est d'une sensibilité
exquise.
(Extrait de: Auvillar, al canton).
Voici
ce qu'on peut lire de lui sur un site français :
Marcabrun
: né vers 1100 à Auvillar, ce troubadour enchanta
les cours de France et de Castille. Surtout grâce
à un «tube», célèbre dans
les années quarante (du XIIe siècle) et intitulé
«le chant du lavoir», dont l’air et les
paroles sont une exhortation à partir en croisade.

L'AUTRIER
JOST'UNA SEBISSA (Extrait)
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"
L'autrier jost'una sebissa
Trobei pastora mestissa
De joi et de sen massissa
E fon filha de vilana:
Cap'e gonel'e pelissa
Vest et camisa treslissa
Sotlars e caussas de lana.
Ves
leis vinc per la planissa:
"Toza" fi-m eu "res faitissa
Dol ai gran del ven que-us fissa."
"Senher" so dis la vilana
"Merce Deu a ma noirissa
Pauc m'o pretz si-l vens m'erissa
Qu'alegreta sui e sana."
"Toza"
fi-m eu "cauza pia
Destoutz me sui de la via
Per far a vos companhia
Car aitals toza vilana
No pot ses plazen paria
Pastorgar tanta bestia
En aital loc tan soldana."
"Don"
dis ela "qui que-m sia
Ben conosc sen o folia
La vostra parelharia
Senher" so dis la vilana
"Lai on se tanh si s'estia
Que tals la cuj'en bailia
Tener no-n a mas l'ufana."
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"L'autre
jour, près d'une haie,
Je trouvai une bergère métisse
Pleine de joie et d'esprit.
Elle était fille de vilaine, vêtu d'une
cape,
D'une gonnelle et d'une pelisse avec une chemise maillée,
Des souliers et des chausses de laine.
Vers elle je vins par la plaine :
"Jeune fille ! lui dis-je, merveilleuse créature,
J'ai grand peine que le froid vous pique.
- Sire dit la vilaine, grâce à Dieu et
à ma nourrice,
Peu m'importe que le vent le hérisse,
Car je suis joyeuse et saine."
"Jeune fille, lui dis-je, créature charmante,
Je me suis détourné du chemin, pour vous
tenir compagnie,
Car une jeune vilaine telle que vous
Ne doit pas, sans un compagnon assorti,
Faire paître tant de bétail
Dans un tel lieu, toute seule."
"Sire, dit-elle, qui que je sois,
Je connais bien sens ou folie.
Réservez votre familiarité,
Seigneur, dit la vilaine, à ceux à qui
elle sied ;
Car celui qui croit tenir une chose en sa possession
N'en a que la vaine apparence."
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Extrait
de Terre des roubadours de Gérard Zuchetto
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Marcabru
L'autrier jost, una sebissa...(pastourelle)
L'autre jour sous une haie
Extrait traduit du provençal en français moderne
L'autre jour, sous une haie
J'ai trouvé une bergère
Pleine de joie et de bon sens,
Portant cape et capuchon
Comme fille de vilaine,
Veste et chemise de toile,
Souliers et chausses de laine.
Je
viens à elle à travers prés
-Fille, dis-je, tendre chose,
J'ai mal car vous pique le froid.
-Seigneur me dit la vilaine,
Grâce à Dieu et à me nourrice,
Le vent peut bien m'ébouriffer,
Je suis gaie et bien portante.
-Fille,
dis-je, jolie chose,
Je viens de quitter mon chemin
Pour vous tenir compagnie.
Une si jolie paysanne
Ne doit pas garder ainsi
Un si grand troupeau de brebis
Toute seule en pareil lieu.
-Monseigneur,
qui que je sois,
Je connais bon sens et folie;
Quant à votre compagnie,
Monseigneur, dit la vilaine,
Qu'elle reste où elle doit.
Car tel croit saisir ceci
Qui n'en a que l'apparence.
...
-Fille, un coeur fier et sauvage
Finit pas s'apprivoiser.
Et j'ai bien vu au passage,
Qu'avec si mignonne vilaine
On peut faire un jolie couple.
En toute tendresse de coeur,
Pourvu que l'un ne trompe l'autre
...
-Seigneur,
oui, mais selon la nature,
Le fou cherche la folie,
Le courtois la courtoisie,
Le paysan le paysanne.
Le bon sens est vite fêlé,
Si on ne garde la mesure
Ainsi disent les Anciens.
-Fille,
je n'ai jamais vu
De fille aussi maline
Ni de coeur plus coquin que vous.
-Seigneur,
la chouette dit:
Un tel baille à l'apparence
Et l'autre attend la manne.
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