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La
Bouteille
Bouteille,
Merveille
De mon cœur
Ta liqueur
Vermeille
Me séduit,
M’enchaîne,
M’entraîne,
Agrandit
mon esprit,
L’enflamme
Et produit
Sur mon âme
Le bien le plus doux !
Au bruit de tes glouglous
Quelle âme ne serait ravie !
Tu sais nous faire supporter
Les plus noirs chagrins de la vie,
Et des tourments (plus affreux) de l’envie
Par des chemins de fleurs tu sais nous écarter.
Loin de toi qui pourrait encore trouver des charmes
A tes coups séduisants, qui pourrait résister,
Quand le puissant amour à tes pieds met ses armes
Pour accroître sa force, et mieux blesser après
Les coeurs indifférents qui bravent ses succès
Et les heureux effets que produit ton génie ?...
Mais combien de mortels ont chanté mieux que toi
Mieux que moi célébré ta puissance infinie,
Et fait de te chérir leur souveraine loi !
Piron, Collé, Panard, Vadé, Favard, Sedaine,
En adorant ton culte, ont illustré la scène
Et nous ont tous appris à n’oublier jamais
Que le feu des plaisirs qui circule en nos âmes,
Besoin d’aimer, d’éteindre douces flammes,
Sont les moins grands de tes bienfaits.
Pierre
CAPELLE
poème
en forme de devinette :
Bacchus
et Silène
Un
jour Bacchus ayant vu que Silène
Dormait profondément , pris sa coupe, et sans gène,
Dans le cellier, à l'aise il s'attabla,
Près de l'amphore pleine
Où reposait un vieux vin, qu'avec peine
Son ami conservait pour les jours de gala.
Il but pendant le triple du dixième
Du temps qu'à boire seul Silène eût employé
pour vider l'amphore elle-même;
Mais Silène survient, et son chagrin extrème
Dans le reste du vin est aussitôt noyé.
Quand l'amphore fut vide,
Avec regret Bacchus vit que sa part
Du précieux liquide
N'avait été que tout juste le quart
De celle de Silène.
Si, tout d'abord, d'une commune haleine,
Chacun buvant à sa façon,
Ils s'étaient réunis, ils auraient mis, dit-on,
Huit quarts d'heure de moins pour épuiser l'amphore.
Comment l'a-t-on su ? Je l'ignore.
O n veut, d'après cela, trouver exactement
Le temps que chacun d'eux eût mis séparément,
Si, buvant seul, de la même manière,
Il avait mis à sec l'amphore tout entière.
Solution
: Silène mettrait donc 4 heures pour vider seule l'amphore
et Bacchus 6 heures.
la
saint-Noé
A
t'on de façon élogieuse
Parlé un jour de saint-Noé,
Fête folklorique et religieuse
Qu'Auvillar célèbre chaque année?
Il s'agit bien d'un patriarche,
Mais, il n'est pas question de l'arche.
Il évoque le dieu du vin,
Depuis l'époque des romains,
Tous habillés en vignerons,
De leurs sabots, ils frapperont
Sans fatigue, et en cadence,
Le sol dans une bonne ambiance.
Ils se rendront à l'office,
Afin que le curé bénisse
Le pain qu'on mangera
Et le vin qu'on boira.
A la sortie de la messe,
Dans une même allégresse,
Accompagnés par la musique
De leur grouipe folklorique,
Reprendront leur " farandole "
Mouchoir au cou, bécat sur l'épaule.
Cotillons, bonnets de dentelle,
Les une pour eux, les autres pour elles.
Faisant résonner sous la halle,
Ces quelques notes ancestrales.
Encore, encore, ils danseront
En joie, la fête des vignerons.
Ce faisant, ils auront bientôt
Atteint la place du château,
Où, en nage, tachés de vin
Ils nous serviront le " tourin ".
Toujours joyeux, infatigables,
Sans même se mettre à table.
Puis reprendront le " refrain "
Célébrant le dieu du vin...
Poème
de Jacqueline Bétous - 4 juin 1996 |