Médaille
de bronze du Concours félibréen, Moissac 1927
Jury du concours :
Professeurs : Mrs Allanche et De Valon
Historien : M. Momméja.
Lo
relotge
Coum'un biule quilhat au mitan de la bilo,
Quantis ia de cents-ans que sès aquiu pla dret ?
Quant tout se d'autes cops au tour de tu s'apilo
Res pod t'entameria, ni lou caud, ni lou fred.
E lou tens a lizat sus ta carcasso soumbro,
De prengue à tous pilas dinco à toun pout
de fért.
Aquiu, pico-plantat, tu nous balhes toun oumbro
Quant lou sourelh, 1'estiu, caufo coumo l'infert.
Que tantis de Penins è tantos de Meninos
Per-debat toun arcado an passat, dins lou tems
Que tant d'ouros tie Jôio è tant d'ouros languinos
A tustat toun batan mastat as quatre bens!
Que de Nobis, tabes, damb sas Nobios aimados
An franquit toun arcèu ! Quinis fums de filhols
As bist pourta, rizens ! Apèi, cargats d'annados
Soun tournats passa, morts, è sièguidis pes
dols !
Quan per jou, toun batan, moun ouro aura tustado,
La mort, sans trasteja, in'aura coupat lou fiu!
Alors, me passeran per debat toun arcado
Per te dize, en partin: "Tournerèi plus ! Adiu
!"
L'Horloge
Comme
un peuplier dressé au milieu de la ville
Combien y a-t-il de siècles que tu es là bien
droit
Quand tout ce qu'autrefois autour de toi s'effondre
Rien ne peut te grignoter, ni le chaud, ni le froid
Et le temps a glissé sur ta carcasse sombre...
De prendre à tes piliers jusqu'à ton coq en
fer.
là, bien dressé, tu nous offres ton ombre
Quand le soleil, l'été chauffe comme l'enfer
Que de nombreux pépés et de nombreuses mémés
Sous ton arcade ont passé dans le temps !
Que de nombreuses heures de joie et de nombreuses heures
de tristesse
Ont frappé ton battant placé aux quatres vents
Que de mariés aussi avec leurs fiancées aimées
Ont franchi ton arceau. Que de nombreux fils
As-tu vu pourtant, riante ! après, sous le poids
des années,
Sont repassés morts et accompagnés de deuils.
Quand
pour moi ton battant aura sonné mon heure,
La mort sans hésiter m'aura coupé le fil,
Alors, on me passera sous ton arcade
pour te dire en partant : " Je ne reviendrai plus!
Adieu !"
Louis VERDIER, d'Aubila
Capiscol de la Cloucado Marcabrun.