Saint-Michel,
surnommé de la Corneille dans les documents anciens,
fut donné au début du 11e siècle à
l'abbaye de Moissac. Le lieu acquit dans les deux siècles
suivants une certaine importance, car il est question de
ses faubourgs et même d'une seconde église
dédiée à Saint-Jean dans les testaments
du 15e siècle. L'église Saint-Michel a seule
survécu, avec des vicissitudes diverses; c'est l'évêque
de Lectoure qui nommait à la cure sur présentation
de l'abbé de Moissac.
l'édifice actuel fut rebâti au début
du 16e siècle, mais il souffrit des guerres de Religion,
et fut relevé par la suite d'une manière incomplète.
En 1868 eut lieu une restauration générale
qui rétablit la voûte. Il fut consacré
le 29 avril 1953.
Le chevet à sept pans est une belle construction
en pierre appareillée, qui fut mutilée au
16e siècle, mais qui a encore grand air vue du vallon
de l'Ayroux. La partie intermédiaire entre le choeur
et le portail fut presque entièrement démolie
aux guerres de Religion et rebâtie médiocrement
au 17e siècle ; c'est elle qui a été
le plus remaniée en 1868.
La voûte du choeur est celle d'origine. L'arc triomphal
repose sur une pile polygonale de forte saillie qui a un
chapiteau-frise orné de feuillage flamboyant. La
nef est divisée en trois travées voûtées
d'ogives; sur la première s'ouvrent deux petites
chapelles. Au fond une demi-travée supplémentaire
est couverte d'un berceau.
Du portail primitif il ne reste que le cordon de l'archivolte
avec des masques humains. Le clochermur ajouré de
cinq arcades a été refait au 17e siècle
; on y a encastré deux gargouilles en remploi.
Le mobilier conserve un autel Louis XV en bois doré,
une gracieuse Vierge à l'Enfant du 18e siècle
et une cloche de 1503 ornée de caractères
gothiques.
L'église a reçu une décoration polychrome,
oeuvre, excepté les tableaux, du dernier curé
résidant l'abbé Duilhé, qui se retira
du ministère en 1954.
Les Soeurs de l'Ange Gardien fondèrent une école
libre de filles qui survécut à la sécularisation.
Sur le territoire de Saint-Michel, à Candes, a existe
jusqu'au milieu du 19e siècle une église dédiée
à Saint-Pierre, qui fut celle d'une paroisse du diocèse
de Lectoure et d'un prieuré non conventuel relevant
de Moissac. Il en reste quelques vestiges dans les dépendances
du château.
MONBRISON
Montbrison, aujourd'hui annexe de Saint-Michel, fut jusqu'à
la Révolution une paroisse distincte. Le curé
qui étaitl à la portion congrue, était
nommé par l'évêque de Lectoure sur présentation
de l'abbé de Belle-Perche. L'abbaye de Moissac y
eut aussi des droits, car elle y établit un prieuré
qui passa plus tard au prévôt du chapitre.
L'église, on en trouve mention dès 1268, est
dédiée à Saint-Roch. Elle fut ruinée
en 1562 et rebâtie pauvrement au milieu du 17e siècle.
En 1857 elle fut transférée dans la plaine,
sur le bord de la route d'Auvillar, aux frais de M. de Montbrison.
Le but de ce transfert était d'avoir une église
plus solidement bâtie, et aussi d'éloigner
des habitants du château "le spectacle trop souvent
renouvelé d'enterrements qui se faisaient à
l0 toises de leur porte".
De l'ancienne église il subsiste dans le parc du
château un clocher-mur à arcades, aujourd'hui
envahi par le lierre.
L'église bâtie en 1857 est une construction
modeste, faite d'une salle rectangulaire couverte d'un plafond
et terminée par une abside arrondie. Deux chapelles
s'ouvrent sur les murs latéraux. La façade
est, sur laquelle est établi le portail, est surmontée
en sa partie médiane d'un clocher-mur percé
d'une arcade allongée où se logent deux cloches.
L'intérieur a été décoré
par Gaillard-Lala en 1950. On y remarque un autel en bois
doré et peint de style Louis XV avec un tabernacle
en forme d'urne ; et une statue de Saint-Roch en bois doré
du 17e siècle.