Mon
compte-rendu de la grande félibrée gasconne
d'Auvillar m'a valu un assez grand nombre de lettres de
touristes qui me demandent des renseignements complémentaires
sur ce coin enchanté de notre département;
j'y réponds individuellement, malgré leur
nombre, mais dans le tas de ces lettres j'en trouve une
curieuse; ma correspondante, qui doit être charmante,
est comme les jolies chattes, très aimable, elle
me décerne des éloges sur lesquels je passe,
mais laisse dépasser ses jolis ongles qui égratignent
quelque peu : je n'aurais pas assez insisté sur la
cour d'amour et surtout sur le mérite des brillants
troubadours qui y firent assaut de poésie, d'éloquence
et de talent artistique.
J'avoue que le reproche est mérité. La cour
d'amour méritait un compte-rendu plus large. Si je
l'ai réduit à sa plus simple expression, les
raisons en sont multiples; la première, c'est que
vibrant au même diapason que les auditeurs et les
troubadours et artistes eux-mêmes, mon être
était tendu dans "l'immatériel"
et que mon crayon était, à ce moment, loin.
Bien que loin de ma pensée, j'ai du, devant la nécéssité
de renseigner les lecteurs de "La dépêche"
le plus rapidement possible, condenser mes impressions en
quelques lignes. La deuxième raison est celle qui
concerne l'éloge aux poètes et aux artistes
bénévoles qui se dépensent sans compter
pour cet idéal du beau; j'avoue que c'est bien volontairement
que je me suis montré avare d'éloges. dans
le nombre des acteurs, il était un avec lequel je
suis lié par des liens si étroits de parenté
que faire son éloge, l'eusse-t-il cent fois plus
mérité, eût pu paraître de l'immodestie.
D'ailleurs, envers lui, ma règle fut toujours de
lui témoigner mon mécontentement lorsqu'il
s'est trompé et de ne jamais lui dire "c'est
bien" lorsqu'il faisait bien, mon silence équivalent
à une approbation. Pour les autres, je sais qu'ils
sont tellement connus, qu'il a suffit aux lecteurs de lire
leur nom sur mon compte-rendu pour avoir la certitude qu'ils
furent ce jour-là égaux à eux-mêmes,
c'est à dire admirables, magnifiques les uns et les
autres. Si quelqu'un en doutait, je les invite à
se rendre dimanche prochain 29 juillet à Bruniquel.
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Non, si mon compte-rendu contient une lacune, c'est sur la
beauté du site d'Auvillar qu'elle porte. Et j'ai voulu
le revoir seul avec mes pensées. J'y suis revenu en
pèlerin, j'ai revu sa vieille tour de l'Horloge, sa
vieille Halle, sa belle église, son vieux cimétière,
d'où de leur tombe, dominant toujours le fleuve qui
coule à leurs pieds, les antiques guetteurs du château
veillent toujours; j'ai rêvé à nouveau
sous les marronniers de la promenade des Moines; ma vue a
parcouru le splendide panorama du haut du bèlvédère;
j'ai flâné dans ses vieilles rues à maisons
à pan de bois et, pour moi, une aimable gasconne a
bien voulu revêtir le costume d'autrefois, c'était
une maman, une jolie maman avec un bel enfant dans ses bras.
Et quand j'ai quitté à nouveau Alta-Villa, j'étais
conscient de laisser encore bien des lacunes - LG
Cette
maman et ce bébé sont
Mme Rivière et son fils Jacques,
né à Auvillar en 1934.
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